‹ Gabrielle de Rochechouart de MortemartChapitre 11 sur 136 · MADAME DE SABLÉ A L'ABBESSE DE FO^'TEVRAULT · texte numérisé non relu

MADAME DE SABLÉ A L'ABBESSE DE FO^'TEVRAULT

A Paris, ... août 1070.

L'honneur que j'ai eu de vous voir, Madame, et- tous les biens qu'on m'a dits de vous, m'empêchent de vous faire les compliments que vous recevez de beaucoup d'autres ; car je vous avoue que je ne saurois me réjouir d'une chose qui vous éloigne d'ici, surtout après avoir fait tant de beaux châteaux en Espagne sur le plaisir qu'il y auroit de se trouver quelque jour auprès de vous. Cependant, Madame, il est vrai que vous avez uu petit royaume, et que cela mérite bien qu'on s'en réjouisse, si on le considère par ce qu'il vaut. Mais comme il n'est pas permis de regarder ces choses-là par des sentiments humains, je ne sais ce que je dois dire,

* Quelques-unes des lettres qu'on va lire figurent en Iragments dans la notice qui précède. Cette répétition élait indispensable pour donner les lettres dans leur ensemble.

2 Bibl. imp. Mss. 17,050. Portefeuilles Vallant, t. VII, fol. 459. — Cette lettre a été publiée par M. Victor Cousin dans Madame de Sablé, p. 262.

8i LETTRE^ DE GABRIELLE DE ROCHECHOUART si ce n'est que je ne puis résister à l'abondance de mon cœur en vous disant qu'il me semble qu'à moins d'être comme M. de la Trappe'', la situation est plus à com.pterdans la vie que la richesse et la magnificence des maisons. Peutêtre que si j'occupois le voisinage de la vôtre, comme j'ai fait autrefois S je me trouverois trop heureuse pour en faire cette médisance. Knfin, Madame, votre mérite a pourtant en cela tout ce qu'on lui pouvoit donner, et je crois, puisque vous l'avez bien voulu ainsi, qu'il faut se dépouiller de ses propres sentiments pour prendre les vôtres et ceux des personnes pour qui on a tant d'estime et de respect, et qu'ainsi je dois m'étudier à m'y conformer.

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