‹ Gabrielle de Rochechouart de MortemartChapitre 58 sur 136 · A SEGRAIS · texte numérisé non relu

A SEGRAIS

A Fcnitevrault, ce 20j uin 1G80.

Je reçus votre lettre, Monsieur, dans le temps d'une mission qui nous occupoit ici depuis le matin jusqu'au soir et qui ne me permit pas de vous répondre sur l'heure, comme je l'aurois bien désiré. Je vous supplie de croire que je suis extrêmement touchée des marques de souvenir que vous me donnez toujours en arrivant à Paris. Vous y demeurez si

- Opéra de Quinault, musique de Lulli, représenté à Versailles, le 8 janvier 1685. L opéra de Segrais sur le même sujet était intitulé L'Amour guéri par le temps ; Segrais avait espéré que Lulli en ferait la musique, mais celui-ci s'y refusa par le motif que les vers en étaient très-durs ; et il avait bien raison.

* Bibl. imp. Mss. 24,991, fol. 2'23.

ABBESSE DE FONTEVR Ali LT, ET DE SES AMIS. 18.%

peu, et VOUS y trouvez tant de choses qui seroient capables de vous distraire, que celte attention que vous avez à moi est d'un double mérite. Je vous assure aussi, Monsieur, que je suis bien éloignée de vous oublier, et que mon goût et mon amitié pour vous sont toujours au même poinl que lorsque j'avois le plaisir de vous voir. Je voudrois bien que les projets que vous faites pour me le redonner encore puissent avoir quelque effet. Je suisinfiniment obligée à madnme votre femme d'avoir la bonté d'y entrer. Par toutes sortes de raisons, je lui souliaitois déjà une santé parfaite; mais vous jugez bien que je vais m'y intéresser plus que jamais.

Je renvoie le petit opéra à madame de La Fayette, après en avoir tiré une copie, suivant votrepermission. Je vous supplie de ne pas craindre que j'en fasse jamais un mauvais usage. J'observerai au pied de la lettre ce que vous m'avez prescrit là-dessus, et pour rien au monde je n'y voudrois manquer. J'ai été plus charmée encore que la première fois de ce petit ouvrage, et je trouve, aussi bien que madame de La Fayetle, que celui de Quinault lui a donné un nouveau lustre.

Je ne puis vous exprimer à quel point je continue d'êlre contente de madame do La Fayette. C'est une personne capable de remplir tous les goûts, et qui écrit avec tant d'exactitude et d'agrément ,que l'absence n'empêche pas qu'on puisse joi.ir de son commerce. Je crois que vous vous en apercevez comme moi.

Je vous suis fort obligée du soin que vous avez pris de me mander les nouvelles. Madame de Belin et ma sœur de l'Hôpital vuus font, Monsieur, mille compliments.

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