AU RÉYÉRE>'D PÈRE RAPIN
A Fontevrault, ce 22 juinlC89.
M. de Basville vint hier, le jour de la Pentecôte, comme vous me l'aviez mandé. Madame sa femme éloit avec lui. Vous jugez bitMi, mon révérend père, qu'un des premiers chapitres que nous traitâmes fut le vôtre. J'espérois qu'il auroit quelque expédient pour vuus faire venir, mais il me dit qu'il n'atlendoit aucune visite cette année. Pour moi, si j'en reçois quelques-unes, elles viendront de Chambord, et ce n'est pas ce qu'il vous faudroit. Ce que nous avons imaginé à 11 fin a été M. et madame de Valentinay ^, qui viennent d'ordinaire passer l'automne dans ce pays-ci, et dont la compagnie est également commode et agréable. Je ne doute pas, mon lévérend père, qu'ils ne fissent le même jugement de la vôtre. Ainsi, si vous l'agréez, je m.'informerai s'ils feront leur voyage à l'ordinaire, et leur demanderai, en ce cas, de vouloir bien vous amener. J'attendrai donc votre réponse positive là-dessus.
Je suis fort obligée au révérend père provincial du désir qu'il témoigne sur ce voyage; j'espère l'en remercier bien fort moi-même. J'ai si peu de loi^ir, à cause des dévotions de l'Octave, qu'il m'e>t impossible, mon révérend père, de vous entretenir aujourd'hui autant que je le voudrois. Je me dédommagerai de celte perte le plus tôt qu'il me sera possible.
* Je dois la communication de celte lettre à l'obligeance de M. Etienne Charavay
* Leur fils, Louis Bernin de Valentinay, marquis d'Ussé, contrôleur général de la maison du roi, épousa le 6 janvier 1091, Jeanne-Françoise Le Prestre, fille de Vauban, âgée de douze ans et trois mois.