A ROGER DE GAIGMERES
A Bourbon, ce 2o mai 1700.
Je suis très-persuadée. Monsieur, que vous avez la bonté de vous intéresser à ma santé, mais je n'ai nul sujet de me flitter qu'elle soit aussi nécessaire que votre politesse et peut-être votre amitié vous le fait dire. Jusqu ici je me trouve très-bien des eaux, et mieux que l'année passée. Ma sœur s'en trouvoit bien aussi ; mais depuis hier elle a des maux de tète accompagnés de vapeurs qui la dérangent un
* Fontaines était un couvent de bénédictines situé dans le diocèse de Meaux. — Quelle était cette affaire où Tabbesse finit par avoir gain de cause? Les lettres ne l'expliquent pas,
» Bibl. irap. Mss. 24.991, fol. 253. — Lettre dictée et non signée.
peu et qui me donnent bien de l'inquiétude, quoique cette inconimodité soit, par la grâce de Dieu, sans nulle conséquence.
Il est vrai que les religieuses de Fontaines m'ont écrit, îiièine jusqu'à deux fois, dans des termes assez soumis ; mais il ne paroît pas (|u'elles se repentent de leur faute, ni môme qu'elles la coiinoissent. Ce grand ouvrage apparlient à Dieu, et il faut l'espérer de sa boulé. Cependant je Itiai ce qui dépend de moi, et je suivrai le conseil (|ue l'on iiH^ donne de profiter de ma sortie pour visiter ce monastère. Mi^r rarclievéïpie [de Paris] m'a paru de cet avis^, et cela s iil auroit pu me déterminer. Assurez-le, s'il vous plait. Monsieur, de mes respects et de ma reconnoissance, et ne ju rdez point d'occasion de me rendre de bons offices auprès de lui. Je vous demande la même grâce auprès de M. et de madame de Noailles, et je vous supplie de ne jamais douter de l'estime sincère avec laquelle je serai toute ma vie, Monsieur, voire très-humble servante.
— Je ne vous écris point de ma main, parce que cela est a])Solument défendu ici, et que la moindre application ne jit^ut s'accommoder avec les eaux ^.