G7. — A ROGER^DE GAIGNIÈRES
A Fontevrault, ce 25 février 1701.
Je n'avois point reçu de lettres de vous depuis mcn retour, Monsieur, quand je vous fis souhaiter la bonne année par ma sœur de La Verdrie. J'en avois été en peine, connoissant comme je fais votre attention pour vos amis. Je suis bien aise que vous n'en ayez point manqué pour «noi, mais je regrette fort ces lettres que je n'ai point reçues. 11 faut qu'elles aient été brouillées ici, car il me semble qu'il ne s'en perd point à la poste.
^ On voit que l'abbesse de Fontevrault fait ici allusion à madame de Montespan, alors auprès d'elle. S'agit-il de la même affaire que dans la lettre précédente? Cela [laiait probable.
» Bibl. imp. Mss. 24,991, fol. 257.
En voici encore une que je vous supplie de donner à M. le cardinal. Je ne puis trop me louer de ses bontés pour moi, non plus que de celles de M. le maréchal de Noailles, qui a songé, dans son voyage, à m'écrire et à m'envoyer des leçons de Ténèbres, que je lui avois demandées à Paris. Des cœurs faits comme ceux-là sont bien rares, et on ne sauroit trop chercher à se lier à eux de plus en plus.
J'ai trouvé occasion de parler là-dessus plus d'une fois. On y est entré avec les sentiments que je souhaitois, en m'assurant que cela plairoit fort. Comme la chose paroît un peu éloignée à cause de Tâge, je ne crois pas qu'on se presse trop de la traiter, surtout quand on se trouve éloigné des gens à qui la principale décision appartient^. Enfin, ma proposition a été reçue agréablement et a attiré des louanges et des témoignages d'estime et d'amitié pour les gens en question, tels qu'en effet on doit les avoir. Je ne perdrai point d'occasion de remettre encore la chose sur le tapis, et vous me faites bien la justice de croire que si elle dépendoit de moi, elle seroit conclue tout à l'heure.
Je vous supplie, Monsieur, de faire tenir ma réponse à M. le maréchcil de Noailles et de reprocher à madame de Noailles, la première fois que vous la verrez, qu'elle ne m'a pas donné un signe de vie sur une lettre que je lui écrivis le mois passé, et que je lui adressai à la cour. Vous joindrez, s'il vous plaît, à ces reproches, des compliments que ma colère ne m'empêche pas de lui faire de bon cœur.
Vous faites bien d'habiter une maison qui est à vous, et qui est très-belle. Si j'étois à Paris, je ne manquerois pas de vous rendre une visite dans cette nouvelle demeure.
2 Voir la note 5 de la lettre suivante.