LETTI'.ES Dt GAlillI E LLi: DE KO C il EC 11 OU AUX
rentrer dans notre couvent de Reims la pauvre religieuse dont la sortie, quoique très-légitime, avoit donné lieu aux poursuites de M. l'archevêque de Reims. Cette fille méritoit en toute manière d'être mieux traitée; elle éloit très-bonne religieuse ; sa naissance et son infirmité ètoient encore dignes de considération. Elle étoit de la maison de Coligny, et sa maladie étoit si réelle qu'étant rentrée dans son couvent sans avoir eu le loisir d'achever les remèdes qui lui éloient ordonnés, et le cœur pénétré de l'affaire dont elle se Irouvoit cause, aussi bien que des menaces que M. Tarchevêque de Reims publioit contre elle, elle mourut au bout de huit jours.
Après ce mauvais succès, je me trouvai dans la nécessité, ou de ne plus du tout permettre les sorties, ou de prendre quelques mesures avec MM. les évêques en les permettant, et je fus nécessitée à ce dernier parti, celui d'abolir les sorties que l'intérêt de ma conscience et mon inclination m'avoient fait choisir n'étant pas en mon pouvoir, parce que notre règle confirmée par une bulle et par un arrêt authentique, et qui, par conséquent, a une autorité supérieure à la mienne, permet les sorties en certains cas, entre lesquels celui dinfirmité se trouve compris et spécifié, et que les religieuses ne prenant d'engagement que conformément à leur règle, celles de mon Ordre ne peuvent être légitimement chargées d'un joug que cette même règle ne leur impose point et auquel elle déclare au contraire en termes exprès qu'elles ne sont point assujetlies.
Je fus donc forcée à demeurer à cet égard dans l'ancien usage de mon Ordre, auquel je puis prouver que je n'ai pas introduit de relâchement, y a\ant même attaché des précautions et des formalités que notre règle et les anciennes ordonnances de mesdames les abbesses n'avoient pas exigées et qui pourroient prévenir ton:
ABU ESSE DE FO.N TE M; \ r I.T. ET l>E SES AMIS. '^^O
si la vigilance la plus exacto, laiil de MM. les évoques que des autres supérieurs, ne deiiicuroit pas toujours sujette à quelques surprises.
Dausrobli;;atioii indispensable d'avoir sur ce poiid quelque relation avec MM. les évêques , en évitant les contestations incertaines toujours contraires à mon humeur, et, ce qui est plus décisif, que je croyois lors opposées aux intentions de Sa Majesté, je me déterminai, avec l'avis de mon conseil, à prendre le parti le plus honnête et en même temps le moins préjudiciable à notre droit, qui fut d'informer MM. les évêques, par de simples lettres de sorties, que je ne pouvois me dispenser de permettre dans leurs diocèses, de leur en exposer les principales raisons, et de les supplier d'y donner leur agrément.
La plupart de ces messieurs m'ont fait l'honneur de se contenter de cette déférence et de me le témoigner par leurs réponses. Quelques autres, en petit nombre, n'étard pas satisfaits d'être seulement instruits et de juger la sortie légitime (qui est pourliuit ce qui paroit essentiel au bon règlement), ont voulu que leur consentement parût revêtu de toutes les formes qui pouvoient faire sentir leur autorité, sans pourtant qu'elles pussent avoir un autre eifet, pour le fond, que celui des simples réponses dont ceux qui vouloient bien ne me pas inoilitier inutilement avoient la bonté de m'honorer.
Ces permissions dans les formes ne m'ont jamais été adressées, et j'ai toujours voulu les ignorer. Elles ont été envoyées à quelques mères prieures ou aux religieuses particulières, qui les ont reçues, et peul-être demandées elles-mêmes à mon insu, se souciant peu de l'intérêt généial de l'Ordre, pourvu qu'elles eussent la satisfaction particulière d'être souffertes paisiblement dans leur changement d'air, ce qu'elles obteiioicnt infailliblement, MM. les évêques
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n'étaul pas si clioqués clos sorties des religieuses que de la circonstance que ces sorties se fassent sans les marques précises de leur autorité.
Je ne crois pas que ceux de ces messieurs qui m'ont fait l'honneur de se contenter de ces lettres que je viens d'expliquer s'en veuillent servir comme d'un titre contre moi. Ils en peuvent produire plusieurs pleines du respect que je leur dois, et que je leur rendrai toujours de très-bon cœur, et dans lesquelles même j'ai souvent joint une confiance qui m'étoit inspirée par leur bonté, et parle désir que j'avois et que j'aurai toujours d'avoir recours à leurs lumières quand ils voudront bien me le permettre. Mais, sans compter que de simples lettres ne peuvent pas, ce me semble, servir de titres dans une affaire de cette espèce, il est bien visible que je n'écrivois celles dont il s'agit que pour conserver les dél)ris d'un droit que j'aurois cédé bien plus commodément (si j'avois été capable d'un pareil dessein) en laissant demander les permissions à MM. les évêques par les personnes intéressées qu'en ajoutant à mes embarras ordinaires le surcroît de ces lettres, d'autant plus longues et plus difficiles qu'il falloit remplacer par les tours et les expHcations la dépendance marquée que j'essayois de sauver, et qui n'auroit demandé qu'un seul mot si j'avois pu me résoudre à la livrer nettement.
11 me semble qu'on ne peut s'empêclier de me rendre justice là-dessus, et que ces déférences forcées ne pourr. nt entrer dans l'examen d'un droit qui doit être considéré en lui-même, et qui, je crois, paroîtra, par nos titres et par nos mémoires, aussi solidement établi que l'explication que je donne ici de ma conduite particulière paroîtra simple et véritable aux personnes qui voudront bien prendre la peine d'y faire quelque attention.
ABBESSE DE 1 0>T E VUA V I.T, El DE SES AMIs. ti"!