TOURNOIS
Un de ces jeux guerriers qu'inventa le Français Pour nourrir la valeur, dans le sein de la paix, Acheva d'exciter une flamme immortellle ; Vainqueur, j'obtins le prix des mains de Gabrielle.
In est peu d'accord sur l'origine des tournois; les étrangers les appelaient combats français, ou à la manière des Français.
C'était dans ces passes d'armes surtout que nos pères faisaient éclater leur adresse, leur vaillance et leur magnificence.
Ces fêtes étaient aussi intéressantes pour les peuples de l'Europe que les jeux olympiques le furent, dans la vieille Europe, pour les diverses nations de la Grèce.
De nombreux rois d'armes et des hérauts criaient aux jeunes chevaliers qui se présentaient pour entrer en lice : souviens-toi de qui tu es fils, et ne forligne pas.
Chez nos pères, partout où paraissait la femme régénérée et relevée par le christianisme, on trouvait le respect dû aux personnes, on nommait un tel : serviteur de la dame telle ; ce titre d'honneur était un de ceux qui
flattaient davantage les vieux chevaliers, et leur inspiraient un plus mâle courage.
Au servant d'amour, les dames donnaient des présents, comme voile, écharpe, brasselets, nœuds de rubans^ boucles de cheveux, etc., les hérauts désignaient les vainqueurs par ces acclamations : honneur aux fils des preux ! et le prix leur était donné par la main des nobles châtelaines.
Un brillant festin, où les vainqueurs étaient assis à côté des princes, des rois, des grands, terminait la fête qui avait amené un nombre considérable de spectateurs.
Ce qui ne paraîtra pas moins surprenant que toutes ces cérémonies, c'est que la modestie et la timidité accompagnaient toujours chez nos pères Téclat de la victoire.
Généralement, on s'accorde pour fixer au xi^ siècle l'origine de ces jeux, les chevaliers s*y exerçaient au métier de la guerre; leur costume au Moyen Age était d'une merveilleuse splendeur ; voici ce qu'en disent les vieilles chroniques de ces temps :
L'or ne brillait que sur les armes des chevaliers, et les riches fourrures étaient réservées pour leurs manteaux ; les armes moins précieuses s'abandonnaient aux écuyers qui n'avaient que le droit de porter des éperons argentés, des bottines blanches, un espèce d'armet argenté aussi, et des manteaux de couleur brune. Si les chevaUers étaient habillés de damas, les écuyers Tétaient de satin, et si les écuyers avaient des habits de damas, les chevaliers étaient vêtus de manteaux de velours ; l'écarlate ou toute i autre couleur rouge était annexée à ceux-ci. Les chevaliers chargeaient leurs armoiries et leurs écus de leur bla-
son; leurs cottes d'armes, le pennon de leurs lances et la banderolle qui s'attachait quelquefois au sommet du casque, en étaient couvertes.
Tout cela était un puissant aiguillon pour élever et animer la bravoure des Français. L'extinction de la chevalerie, ceci ne fait aucun doute^ n'a pu être que préjudiciable au prestige militaire du Français, et à cette courtoisie, un des apanages de la distinction de notre nation.
PhiHppe Auguste venait, par sa puissante intervention, d'obliger le duc de Bourgogne à abandonner le siège de Vergy, l'imposante forteresse qu'il voulait enlever au comte Hugue de Vergy et d'Autrey, ami du Roi.
A la suite de Philippe Auguste, marchait une brillante troupe de chevaliers, aux casques étincelants, leur longue lance au poings et droits comme des chênes sur leurs hauts destriers ; ils descendaient les grandes collines et les profondes combes que dominait le puissant châtel, avec ses quatorze tours, sur sa montagne ressemblant à un navire arrêté en ces lieux.
Toute cette' troupe de beaux et vaillants hommes, ayant à leur tête un des plus grands rois de France, se dirigeait vers Dijon, et allait rejoindre la côte aux riches colHnes, déjà couvertes de vignes en cette lointaine époque, pour de là arriver à Dijon, où le Roi, image et personnification de son peuple, allait dans la bonne ville des ducs de Bourgogne recueillir les témoignages d'affection des Bourguignons.
Il y eut donc à l'arrivée du roi à Dijon de grandes fêtes, des tournois, et des réceptions solennelles de chevaliers.