‹ Gabrielle, histoire d'une fiancée au temps de CalvinChapitre 36 sur 38 · CHAPITRE XXXI Maître Calvin exprime un dernier vœu · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI Maître Calvin exprime un dernier vœu

Quelques années plus tard, une période de tristesses et de deuils commença pour Genève. La peste dévastait la Suisse et Genève n'était pas la ville la

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moins éprouvée. Outre ce fléau, une grande épreuve les menaçait : Jean Calvin se mourait.

Ce fut un spectacle peu banal que celui d'une nation tout entière, veillant avec une incessante sollicitude autour du lit de souffrance du plus grand, du plus illustre de ses enfants.

Peu de temps après que Calvin eut prêché pour la dernière fois, le 6 février 1562, Marguerite d'abord, et Claudine ensuite tombèrent malades de la peste. Gabrielle, qui savait combien elles étaient faibles toutes deux, comprit qu'elles étaient perdues. Avec l'aide efficace de Benoîte, elle se donna résolument aux soins que réclamaient ses deux vieilles compagnes, dans le tragique et absolu isolement imposé en pareille circonstance. Elle avisa de la maladie le dizenier du quartier, plaça au-dessus de la porte le signe avertisseur exigé par la loi et prit toutes les dispositions nécessaires. Le marchand de fruits qui occupait le rez-de-chaussée dut transporter ailleurs ses marchandises, et Gabrielle resta seule avec Benoîte et les deux pestiférées. Elle savait que leur pasteur et ami, maître Poupin, ne les abandonnerait pas et qu'elle pouvait compter sur l'apothicaire Aubert pour les remèdes. Quant à leurs bons voisins, les Calvin, elle refusa catégoriquement leur aide, ne voulant pas les exposer au danger de la contagion.

Deux jours après la claustration obligatoire, Benoîte, entendant heurter à la porte de la rue, mit la tête à la fenêtre pour répondre. Une discussion

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animée s'ensuivit, et bientôt la jeune servante vint dire à Gabrielle :

— Je n'ai jamais vu un gentilhomme pareil ! Quelle peine j'ai eue à lui faire entendre raison! Songez un peu, si c'est d'un homme de sens de vouloir absolument que je le laisse entrer pour s'établir au rez-de-chaussée, dans la chambre inoccupée! Nous aurions eu à payer l'amende et nous serions condamnées à implorer à genoux le pardon de Dieu et de la communauté! Mais c'était comme si je parlais à un mur.

— Mais, Benoîte, vous ne me dites pas qui était ce gentilhomme ?

— Qui ? Le monsieur aveugle et son domestique. Ils prétendaient, parlant tous deux à la fois, que l'aide d'un homme nous serait précieuse. Mais je suis restée inébranlable. Je leur ai rappelé que nous étions de bonnes chrétiennes, respectueuses de la loi.

— Vous avez bien agi, Benoîte, tout à fait bien. Mais c'était une bonne pensée de leur part.

— Il faut vous dire encore que j'ai dû promettre de descendre un panier par la fenêtre, dans lequel on mettra chaque jour ce qui vous sera agréable ou nécessaire.

De longs jours s*écoulérent, ainsi qu'ils passent pour ceux qui veillent près des mourants.

Sœur Claudine fut la première à partir, et le messager de Dieu fut pour elle plein de tendre miséricorde. Elle n'eut presque pas de souffrance et nulle crainte. Son âme avait parcouru le sentier de la vie

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comme enveloppée d'un brouillard, où tout devient doute et obscurité! Quelle était sa vraie foi? Pendant des années, elle était restée attachée à l'ancienne, mais elle s'en était détachée. Ses pas faibles et tremblants ne savaient quel chemin suivre. Néanmoins, à travers le brouillard, une lumière n'avait jamais cessé de luire pour elle, et, jusqu'à la fin, elle ne cessa pas de l'apercevoir. Et même, au terme du voyage, cette lumière brilla d'un éclat plus vif; la brume qui l'enveloppait se déchira, se dissipa ; elle resplendit, la lumière de Celui qui a dit : « Venez à moi, vous qui êtes chargés, et je vous soulagerai, d

Ce fut bien différent pour Marguerite. Aucun brouillard, de quelque nature que ce soit, n'était jamais venu la troubler. La vie future et éternelle lui apparaissait comme quelque chose de net, de précis, en pleine lumière. On entrait dans ce monde de l'au-delà, élu, régénéré, sanctifié, ou réprouvé, impénitent, mort dans ses fautes et ses péchés. Quant à Marguerite, elle était du monde des régénérés, ayant reçu la vérité de la bouche même de Maître Calvin. Mais nul n'est préservé de l'angoisse. Aux heures de souffrance et de fatigue, Marguerite eut des doutes sur la réalité de son élection. C'est alors que Ga brielle dut et sut trouver les paroles qui consolent, qui rendent ferme, qui apaisent. Le moment vint où Marguerite perdit connaissance^ mais une calme certitude se lisait sur son visage fané et vieilU.

Gabrielle resta seule avec Benoîte dans la maison vide et lugubre. Elle se sentait fatiguée, si fatiguée

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qu'elle aurait accueilli avec joie la mort même, si la mort était vernie aussi pour elle. Elle avait aussi le sentiment que sa tâche ici-bas était achevée. Elle était arrivée à la dernière page du livre, lui semblait-il ; il ne restait plus qu'à le fermer et à s'endormir.... Mais ce que nous croyons la fin est, au contraire, souvent un recommencement !

Lorsqu'on jugea que tout danger de contagion était écarté, Benoîte pria Gabrielle de lui accorder quelque liberté.

— Ma grand'mère n'est guère active, dit-elle, ses forces s'en sont allées. Il y a les apprentis à nourrir et M"^^ Calvin est toujours à la rue des Chanoines, pour soigner Maître Jean Calvin. Elle n'a plus le temps même de s'informer s'il y a un morceau de viande à la maison et du bois pour le cuire. Si vous vouliez me donner une heure ou deux de congé, chaque jour, j'irais aider grand'mère.

— Certainement, dit Gabrielle, moi aussi je pourrais lui être utile.

Gabrielle trouva en effet à s'occuper, et reconnut avec gratitude que Dieu lui avait envoyé une tâche à accomplir pour l'arracher à sa solitude.

Un matin, M'"^ Calvin revint tôt de la rue des Chanoines et dit à Gabrielle qu'elle s'occuperait ellemême du dîner.

— Il faut que vous alliez auprès de Maître Calvin. Il a demandé à vous voir, pour vous dire adieu.

Il n'y avait rien d'extraordinaire à cela. Les épreuves de Gabrielle, la fermeté de sa foi, l'appui

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qu'elle donnait à toutes les bonnes œuvres, lui avaient acquis dès longtemps l'estime du Réformateur. Elle était chère encore à celui-ci, en souvenir de Louis de Marsac.

Gabrielle mit son manteau et se rendit sur-lechamp rue des Chanoines. Le secrétaire de Calvin, le jeune Charles de Joinvilliers^ la conduisit à la chambre du malade, qui allait bientôt être une chambre mortuaire.

Jean Calvin était à demi couché, soutenu par une pile d'oreillers. Il était excessivement faible et respirait avec difficulté. Son visage était cadavérique, les joues creuses, les lèvres décolorées. Seuls, les grands yeux lumineux brillaient du même éclat qu'autrefois.

Gabrielle tomba à genoux et lui demanda sa bénédiction.

Calvin leva sa main maigre et transparente, et fit signe à son secrétaire de les laisser seuls. Puis, d'une voix faible, il dit :

— Relève-toi, ma fille, je sais toutes tes tristesses. Je désire te parler avant de parler de toi à Dieu.

Elle obéit.

— Ici-bas, reprit-il, nous n'avons pas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir. Peu la cherchent, efforçons-nous de faire la volonté de Dieu qui vit et demeure éternellement.

— Mon père, dit Gabrielle, c'est mon désir.

— Je le sais, ma fille, et c'est pourquoi je t'ai fait prier de venir auprès de moi.

Le cœur de Gabrielle battit plus vite, à la pensée

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que le réformateur avait peut-être une œuvre d'amour et de foi à lui confier. Il la savait seule, sans famille, sans foyer. Gomme elle serait heureuse de se dévouer !

D'une voix suppliante, elle répondit :

— Père, dites-moi Sa volonté. Je l'accomplirai avec joie.

— Chacun de nous, en s'interrogeant, peut la trouver par lui-même.

— Mais,vous, Maître, vous qui savez tant de choses....

— Gela est peut-être vrai maintenant. Arrivés au sommet de la coUine nous voyons non seulement le pays où nous allons entrer, mais aussi celui que nous avons parcouru. Si je ne me trompe, je vois une œuvre que, toi seule, tu peux accomplir.

— Moi seule ?

— Oui. Je sais un cœur sincère et noble, qui ne peut être consolé que par toi.

A ce choc imprévu, Gabrielle se sentit défaillir. Tremblante, anxieuse, elle attendit le reste, respirant à peine.

— Il est une vie assombrie, dont tu pourrais devenir la lumière ; Ambroise de Marsac désire faire de toi sa femme.

Le visage de Gabrielle devint presque aussi pâle que celui qui reposait sur les oreillers. Muette, elle se redressa d'un mouvement rapide, pour retomber aussitôt à genoux.

La main dont l'attouchement était comme une consécration, se posa doucement sur sa tête.

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— L'amour d'un homme excellent est un don de Dieu, dit Jean Calvin, il ne faut pas le refuser à la légère.

— Mais.... si.... si je ne puis pas ?

— Nous pouvons toujours faire la volonté de Dieu.

— Oh ! pas cela, pas cela ! mon père vous savez tout.... supplia Gabrielle.

— Oui, je sais.

Un long silence suivit. Le cœur de Gabrielle gémissait, criait grâce, prêt à se briser, mais ses lèvres restaient muettes.

Avec une étrange inflexion de tendresse dans la voix, Calvin lui dit :

— Ma fille, la meilleure, la plus noble femme que j'aie connue avait vu mourir le mari auquel elle s'était liée dans sa jeunesse. Elle le pleura désespérément. Toutefois, à l'appel du devoir, elle se rattacha à la vie et en reprit le fardeau pour être, pendant neuf ans, l'aide et la consolation de celui — très indigne — dont la vie était pleine de tourments et de périls.

Pendant quelques instants, Calvin sembla oublier la présence de Gabrielle. Il leva au ciel des yeux fervents ; ses lèvres pâles murmurèrent : « Ceux aussi qui dorment en Jésus. » Le plus réservé des hommes avait rompu en sa faveur le silence qui lui était habituel, pour lui parler de son Idelette défunte ! Maintenant^ comment refuser de lui obéir ? Maintenant ?

Le mot fatal d'assentiment était déjà sur ses lèvres, lorsque dans la chambre voisine se fit enten-

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dre la voix bien connue de Théodore de Bèze parlant au secrétaire. On pouvait comprendre les mots de : « Nouvelles importantes.... Si Maître Calvin pouvait me recevoir.... tout de suite. »

Ces lambeaux de phrases parvinrent aux oreilles de celui qui, jusqu'à son dernier soupir, fut toujours préoccupé du bien des Eglises.

— Souviens-toi, dit-il encore à Gabrielle, que je n'ordonne rien, que je n'ai adressé qu'une simple demande.... Réfléchis à mes paroles et que le Seigneur t'accorde l'intelligence de toutes choses !

Il prononça alors la bénédiction solennelle, non celle de l'ancienne alliance, mais celle de la nouvelle: « Grâce, amour, communion. »

De Bèze, accompagné du secrétaire, entra. Gabrielle baisa la main presque diaphane du Réformateur et se retira.

Le cœur lourd elle regagna la rue Cornavin. Elle venait de dire adieu à celui qui, à ses yeux et aux yeux de tous les vrais Genevois, était véritablement l'oint du Seigneur. Toutefois la perspective de la mort prochaine de Calvin n'était pas seule cause de sa détresse. Non, ce qui torturait son âme, ce dont son cœur était brisé, c'était de ne pouvoir se soumettre avec joie à la demande qui venait de lui être faite. La possibilité d'éviter ce sacrifice ne traversa pas même un instant sa pensée. Pouvait-elle refuser à Calvin mourant, de réaliser son vœu?... Le même soir, elle retourna dans son logis solitaire, laissant Benoîte chez les Calvin pour les aider.

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Gabrielle était naturellement portée au sacrifice et toute son éducation avait fortifié ce penchant. Elle était du nombre de ceux pour qui le parti le plus pénible à prendre doit être inévitablement le plus juste. A l'austère école genevoise, elle avait appris aussi l'abnégation. Sans révolte elle avait accepté jadis l'arrêt du destin qui l'envoyait en Savoie, comme une victime expiatoire. Soumise et résignée, elle avait accepté le martyre et la mort de Louis de Marsac. Pourquoi se révolterait-elle contre cec?? Ainsi que l'avait dit Maître Calvin, Ambroise de Marsac était un homme droit et bon, et ce n'était pas d'aujourd'hui qu'elle s'en savait aimée. Depuis longtemps, cela avait été pour elle un souci constant, une difficulté à vaincre un jour ou l'autre. Le moment était venu de l'envisager sans faiblir. Il ne lui restait qu'une chose à faire : demander à Dieu de faire Sa volonté.

Tandis qu'elle luttait ainsi contre elle-même, tout était silencieux dans le vieux logis. Un craquement léger, une souris courant derrière la boiserie, et c'était tout. Elle n'entendait que la voix du Réformateur, disant : a Je n'ordonne point.... » Et justement, parce qu'il ne s'agissait pas d'un ordre, cette prière avait plus de prise sur sa volonté que le commandement le plus impérieux. Alors pourquoi cette lutte? Pourquoi tant de résistance? Elle se répétait que là où le devoir était si nettement indiqué, il ne pouvait, il ne devait pas y avoir de combat. Et pourtant....

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Un peu avant le point du jour, un cri monta dans l'obscurité. Ce n'était que le cri familier, rappelant aux ménagères leur tâche habituelle : « Le four chauffe. » Gabrielle songea à ce matin d'hiver où, plusieurs années auparavant, elle était sortie, timide et tremblante enfant, pour accomplir un travail pénible auquel elle n'étaitpashabituée. Deux jeunes gens empressés étaient sortis de l'ombre, pour se disputer la faveur de lui venir en aide.

Où étaient-ils maintenant V A côté de l'image chérie de Louis venait inévitablement se placer celle de Norbert. Ils étaient liés l'un à l'autre comme ils l'étaient l'un et l'autre à Gabrielle. Norbert avait jusqu'à la fin soutenu et consolé Louis et rempli ses dernières volontés.

Alors Gabrielle se demanda: «Si je consens, seraije sincère vis-à-vis d'Ambroise de Marsac et vis-à-vis de moi-même ? »

C'est là la question angoissante entre toutes, l'essentielle et, en définitive, la seule à laquelle il importait de répondre.

Quand Benoîte toujours matinale vint, Gabrielle vit que la jeune fille avait pleuré :

— Est-il mort ? interrogea-t-elle anxieusement.

— • Maître Calvin ? Oh ! non, M'°« Calvin nous a dit que la nuit avait été bonne. Mais.... il y a de tristes nouvelles, tristes ! tristes !

— Quelles nouvelles?

— C'est un Piedgris qui l'a raconté. Les lumières et les feux étaient tous éteints, lorsqu'il est arrivé

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hier au soir. Ah ! quel malheur!... le meilleur et le plus brave de tous ! Pourvu que l'on puisse épargner ce coup à Maître Calvin.... Il l'aime comme un fils.

— Qui est-ce donc ? le docteur de Bèze ? Maître Viret? mais non, ils sont ici !

— Qui? si ce n'est Maître Norbert, l'ami des martyrs comme on l'appelle, lui, si aimé de tous, le grand, le beau jeune gentilhomme, semblable à un prince î Que Dieu nous vienne en aide et à son pauvre père aussi !

Benoîte se mit à pleurer. Gabrielle était toute tremblante :

— A-t-il été torturé, brûlé vif ? demanda-t-elle enfin, la gorge serrée, la voix rauque.

— Non, dit Benoîte lorsqu'elle put parler de nouveau, c'est une consolation de penser qu'il est mort dans son lit et que nous pourrons.... nous pourrons.... Il est mort de la peste. Se sentant atteint, il se rendit à Lormayeur. Le comte et la comtesse l'ont reçu et soigné. Il est mort chez eux.... Il n'a été malade que peu de jours.

— Je n'y comprends rien, s'écria Gabrielle, atterrée. Il était en France et non en Savoie.

Plusieurs fois, pendant la triste nuit qu'elle venait de passer elle avait pensé à lui, prié pour lui et pour les fidèles de Besançon. Calvin l'avait chargé d'une mission spéciale auprès d'eux. Comment se faisait-il ?...

S'armant de force et de courage, Gabrielle se rendit chez ses amis Calvin pour reprendre sa tâche habituelle. Elle s'y occupait des travaux de ménage,

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afin de donner à la maîtresse de maison le temps de remplir son office de garde-malade auprès du Réformateur.

Tout en travaillant activement une clarté se fit dans les pensées de Gabrielle. Elle n'aurait pu exprimer par des paroles les sentiments qui s'agitaient en elle ; mais elle ne pouvait les méconnaître. Maintenant, oui, maintenant, elle comprenait quelle voie elle devait suivre, elle comprenait qu'elle ne pouvait pas être la femme d'Ambroise de Marsac. Si parfois c'est la volonté de Dieu que nous fassions le sacrifice de nous-mêmes. Sa volonté est aussi que nous soyons sincères et droits vis-à-vis des autres. En épousant M. de Marsac, Gabrielle manquerait de droiture envers lui et de sincérité envers elle-même.

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