WKS DE MU LÉON
reuil avait dit : « Yves, vous ressemblez a votre père. » Et madame de Savigny était là; et madame de Savigny, à ses yeux la plus jolie des femmes, qui toutes lui semblaient ravissantes, avait ajouté, avec un peu d'embarras : « M le duc de Mauléon passait , m'a-t-on dit, pour le plus bel homme de Paris. » Oui, répondit la marquise avec un soupir, quand il épousa ma iille, il n'était personne qui pût disputer avec lui pour la beauté de la figure et la noblesse des manières : il avait grand air, c'està-dire que tout annonçait en lui le rang où il était né !
Mais quand Yves se rappela le lendemain l'embarras et les paroles de madame de Savigny, il y eut une expression un peu menaçante sur son joyeux visage; et le bonheurqu'ilenressentaitiessemblaitàundéti; c'est que, deux ans auparavant, il était, un
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jour de vacances, entré chez sa grand'mère pendant que madame de Savigny était près d'elle; et, ce jour-là, elle ne leva pas la tète et ne regarda pas quand il entra ; mais interpellée par la marquise qui disait : « Voyez, ma chère, comme Yves grandit, » elle jeta sur toute la personne du jeune homme un rapide coup d'œil si indifférent, si curieux, si glacial, et qui se termina par un si indéfinissable sourire de malice et de dédain, qu'il éclaira toute une portion de son intelligence restée jusqu'à ce jour dans des ténèbres complètes. Aussitôt ses regards se portèrent machinalement sur une glace, et pour la première fois il s'y vit enfin, oui, pour la première fois! Il s'était bien regardé dans le miroir qui servait à sa toilette; il avait bien mille fois arrêté ses yeux sur quelque glace; mais il n'avait rien vu apparemment, car pour la première fois il se vit tel qu'il était, tel qu'il paraissait à