LF. JOCH DI' MARIAGE
été préparé à l'hôtel que les jeunes mariés allaient habiter. Élénore et M. Simon, qui devaient en faire partie, n'y parurent pourtant pas ; la jeune fille avait été , disait-on , forcée, par une indisposition subite, de retourner au couvent : M. Simon l'y avait reconduite. Cette circonstance confirma les craintes de Gabrielle et ajouta encore à la tristesse, à la gêne et à l'ennui inséparables d'un pareil dîner. Madame Rémond , en voyant une si triste noce, était tellement accablée, que toute sa joie de millionnaire avait disparu, ainsi que sa confiance dans l'opulente toilette dont personne ne lui avait fait compliment. Toute sa figure exprimait une surprise si douloureuse, qu'elle approchait de la stupeur. Il lui semblait qu'un événement extraordinaire allait marquer un mariage aussi incompréhensible.
Cependant lo dîner continuait, sans offrir
•±M LE Jol li Dl MABIAGE.
rien do remarquable que sa tristesse et son ennui! (iabrielle, depuis la découverte qu'elle avait faite, était restée constamment dans un état d'esprit difficile à dépeindre; car mille idées contraires y naissaient tour à tour. Depuis un mois, son attention continuelle à tout ce qui se passait et à tout ce qui se disait autour d'elle , et les propos plus énergiques que délicats que sa mère se permettait parfois, l'avaient assez initiée aux choses réelles pour que la vie de jeune homme de celui qu'elle venait d'épouser ne trouvât pas quelque excuse à ses yeux; mais ce que celte vie avait laissé de traces, ce que ce cœur pouvait garder du passé, ce qu'il laissait à espérer pour l'avenir, voilà ce que le regard de Gabrielle cherchait à deviner sur le visage d'Yves de Mauléon, qu'elle examinait depuis ce moment avec la plus vive anxiété.
Cette attention constante, remarquée par