‹ Gabrielle (volume 3)Chapitre 31 sur 40 · LE JOUR M MARIAGE. SOI · texte numérisé non relu

LE JOUR M MARIAGE. SOI

\aient faire naître! La fatigue, un mal de tète, et toutes les idées d'une jeune fille, un jour de noce, motivèrent sou silence aux yeux de madame Rémond , qui la quitta sans inquiétude et sans souci, après avoir béni sa belle enfant et prié avec elle pour son bonheur.

À peine madame Rémond était-elle sortie de sa chambre, que la jeune femme sauta légèrement du lit, où elle avait eu l'air de chercher le repos; et, se précipitant vers la porte par laquelle sa mère venait de sortir, elle tourna vivement la clef dans la serrure , de manière à ce qu'elle ne pût s'ouvrir du dehors. Puis elle s'approcha d'une porte semblable, placée vis-à-vis de celle-là, et elle en fit autant. Ensuite, elle ouvrit une petite porte cachée sous les draperies qui tapissaient la chambre : cette porte conduisait à un boudoir charmant.

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Kllf l examina axer attention, et , s étant lut'i) convaincue qu'il était sans issue , cl que personne n'y avait pénétré , elle revint calme et paisible dans sa ehambre ; s'enveloppa d'un peignoir de cachemire blanc ; s'assit dans un grand fauteuil auprès d'un feu presque éteint; et parut disposée à se livrer aune méditation que favorisaient le silence de la nuit et la demi-obscurhe qu'une lampe d'albâtre, suspendue au plafond, laissait remuer autour d'elle. Cette lumière pâle et triste eût pu sembler douce a l'amour, mais elle n'était que lugubre pour la solitude, et livrait l'a me de la jeune femme a ses mélancoliques inspirations

Au milieu île sa rê\erie, une porte dissimulée. ( .-munie l'était la porte du boudoir, sous les pli> de la moioseliue dont la b ambre était tendue, s'ou* ni toul à coup.

LE JULK DU MARUGE. TA\

Un mouvement d'effroi involontaire fit brusquement lever Gabrielle du fauteuil où elle était assise, et cet effroi s'accrut, s'il est possible, quand elle reconnut que cette porte ne s'était ouverte que pour laisser passer le jeune Yves de Mauléon.

Muette de surprise, effrayée, hors d'ellemême, Gabrielle voulut s'avancer par un mouvement machinal pour repousser celui qui venait ainsi troubler la solitude qu'elle croyait s'être assurée... Mais elle tremblait tellement, qu'elle fut forcée de chercher un appui. Sa main se posa sur le bronze doré du pied de son lit, et là, immobile, sa grande taille enveloppée dans ce peignoir blanc qui couvrait jusqu'à ses pieds délicats, l'effrayant éclat de ses grands yeux noirs et brillants, la pâleur matte qui remplaçait ses fraîches couleurs habituelles, ses lèvres même décolorées et entr'ouver-

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tes, donnaient a toute sa personne un aspect si différent de cette enfantine eljoyeuse beauté, que le jeune duc avait vue en elle jusqu'alors, qu'il resta interdit sans oser avancer ni reculer.

Niais la jeune femme effrayée reprit courage en voyant son effroi partagé; et s'armant tout à coup d'une intrépide résolution :

— Monsieur... le duc de Mauléon, ditelle d'une voix encore très -émue, mais qu'elle cherchait à rendre ferme et imposante, écoutez-moi! ... oui, écoutez-moi!

Je veux... je dois... vous parler... vous tout dire... , et j'en aurai le courage.

N\es fut étonné à tel point, qu'aucun mot ne se présenta pour répondre à ces paroles inattendues, que le ton grave et extraordinaire de cette femme imnblanic

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