‹ Gabrielle (volume 3)Chapitre 37 sur 40 · LE JUU5 IH MARIAGE · texte numérisé non relu

LE JUU5 IH MARIAGE

Il est impossible de rendre L'émotion de surprise qui suspendait et confondait en ce moment toutes les idées du jeune homme. Il y avait tant de choses diverses et imprévues qui venaient agiter son âme, qu'il oubliait tout ce qui l'avait occupé quelques instants auparavant. Le froid dédain, la mauvaise humeur, l'impatience et le dégoût, tout, jusqu'aux idées plus gracieuses que la belle enfant de seize ans avait fait naître, tout était bouleversé, tout avait disparu ! et il restait là immobile et plein de sentiments contraires, devant une espèce d'objet de curiosité et d'étonnement dont il ne pouvait se rendre compte. .. Et , en effet , avait-il pu jamais prévoir que l'insouciante et capricieuse enfant, ignorante de tout ce qui fait la vie du monde , même dans ses détails les plus futiles et les plus matériels, en aurait ainsi atteint tout a coup les plus délicates susceptibilités? Car

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Gabriel le venait, par le seul instinct de son âme, de deviner le sentiment de sa propre dignité et le sentiment de la dignité d'un autre. Elle avait senti spontanément ce qui faisait de son mariage un honteux marché. Les imperceptibles nuances de l'air dédaigneux, mécontent et humilié du jeune duc avaient achevé de l'éclairer; et, sans pouvoir analyser ce qu'elle éprouvait, sans se demander si ces impressions étaient injustes ou méritées, elle avait compris qu'elle n'était pas aimée, que l'amour est fier et heureux de ce qu'il donne et de ce qu'il obtient; que l'homme qui rougit d'une femme ne peut avoir pour elle qu'une espèce d'amour dont elle doit elle-même rougir... Et , par une noble fierté, la jeune fille dédaigneuse avait brisé, détruit, anéanti le mensonge d'amour qu'on les avait forcés de subir, et qui les eût avilis tous deux par sa fausseté.

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