‹ Gaëtane de Montreuil et ses œuvres [microforme]Chapitre 3 sur 6 · LA MONTAGNE CASTEL · texte numérisé non relu

LA MONTAGNE CASTEL

En haut d'une montagne, une artiste nature,

De son ciseau géant, à taillé les contours

D'un château féodal, Une étrange sculpture Festonne les crénaux, les ogives, les toure, —

Du haut des parapets, des chevaliers de pierre Semblent monter la garde et saluer le temps Unique visiteur de la demeure altière !

Quand l'hiver, à regret, voit le jeune printemps Déchirer le manteau qui de blanc le recouvre, L’aigle vient quelquefois, voler sur les remparts : Mais la porte jamais, devant l’homme ne s'ouvre La joyeuse arrivée et les bruyants départs

D'un chitelain pou ré, suivi d’une cohorte

De hérauts armurés, de pages entouré,

N’ont jamais résonné sous cette antère porte. Ses gonds sont de granit et n’ont jamais tourné.

Elle ne garde pas, la porte granitique,

Une princesse aimée et qu'un marie jaloux Enferme dans l’excès d’un amour tyrannique ; Dans l’ombre d’un balcon, nul amant à genoux Ne jure de sauver la noble prisonnière

Ou de mourir pour elle en baisant le bouquet, Qu’en un bal soumptueux de la saison dernière, Elle lalssa tomber pour lui sur le parquet.

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Ce château merveilleux dans son architecture, Commce une femme belle et qui n’a pas de cœur, Derrière la splendeur de sa fière structure,

N'a pas même une chambre à son intérieur

La nature, en jouant, a fait cette merveille Pour le plaisir des yeux et non pour le repos Elle n’acceuille pas, la maison sans pareille,

Le voyageur lascé, le chasseur indispos,

Devant le solennel et vaste paysage,

La nature s’est dit : “1 faudrait un château Dominant le ravin, la plaine, le bocage

Et l’immense forêt et le simple côteau’”’…..

Puis, dans le granit franc, un artiste invisible, Sans compas, sans équerre, a taillé ce joyau

De beauté, de grandeur et de force invincible, Comme un enfant découpe un jonc dans un noyau. Pour que l'illusion de l’œuvre fut complète,

Au flanc de la montagne il a mis des géants

Dont se profile au loin la haute silhouette Semblant se pavaner, vainqueurs et triomphants, Fantassins armurés, cavaliers gigantesques,

Ont l'air de mépriser de modernes manants

Du haut de leur grandeur antique et pittoresque ; On dirait à les voir un monde de vivants.

Mais tout ceci n'est-il qu’un hazard, un caprice Un accident heureux du cahos primitif?

Ou bien un pharaon, redoutant un complice, Est-il dans ce castei venu, vindicatif,

User la haine dont il avait l’Âme pleine?

Les chevaliers de pierre ont-ils, jadis, connu Les charmes dangereux de quelque antique Hélène ? Quelque dieu de l’Olympe est il, ici venu Cacher à l’Empirée une peiñe éternelle

Et demander à l’homme un remède à son mal ?

A-t-il, en s’en allant de cette cour mortelle,

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Pétriñé les corps de son souffle infernal ?

Ou bien, le Ciel a-t-il clos un pomnpeux théâtre

Et fixé les acteurs dans le drame émouvant ?

A:t-il éteint les cœurs, comme un tison dans l’âtre ? A-t-il, d’un geste obscur, figé le mouvement, ? Mon âme vainement aura voulu te lire,

O grandiose énigme écrite dans le roc !

À creuser ton secret on eat priss lu délire...

Mon esprit renonce à t’épeler bloc à bloc.

Et cette autre poésie descriptive, intitulée Québec ; celle-ci estinédite. La pièce est en deux parties. ‘Québec français”? et ‘‘ Québec pittoresque ” ; c’est cette dernière partie que je vais lire. Jene m'avancerai pas jusqu'à dire que c'est le chef-d'œuvre de Guëtane de Montreuil ; mais je crois pouvoir affirmer que c'est l’un de ses ch:fs-d'œuvre ; jugez-en :

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