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LA CONFIDENCE

« Babet, vous avez du chagrin.

— Oui vraiment, je suis désolée.

— Et de quoi ? — De ce que Martin, Cet hiver-ci, m'a violée.

— Ciel !... contez-moi vite cela.

— Ah ! Monsieur, c'était un dimanche. J'avais mis, ce dimanche-là.

Une jupe de perse blanche.

Martin me vit et m'appela.

Le traître était dans une grange; J'y fus sans trop savoir pourquoi :

« Babet, me dit-il, sur ma foi, Vous êtes belle comme un ange ! »

Lors, il me mena dans un coin.

Et là, près d'un grand tas de foin, De beaux compliments il me berça. .

Je riais : il me saute au cou, Me fait tomber à la renverse.

Et puis, prenant je ne sais où Un... un chose raide comme un clou :

« Lève, me dit-il, ou je perce. »

Je levai ma jupe de perse.

De crainte qu'il n'y lit un trou. »

(Efrennes gaillardes, 1782.)

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