ÉPIGRAMME
L'épousé, la première nuit, Rassurait sa femme farouche :
Mordez-moi, dit-il, s'il vous cuit.
Voilà mon doigt en votre bouche ; Elle y consent, il s'escarmouche.
Et quand il l'eut bien déhousée (1) :
Or ça, dit-il, tendre Rouzée, Vous ai-je fait du mal ainsi ?
A donc, répondit l'épousée, Je ne vous ai pas mors (2) aussi.
(Étrennes gn illardes A" ^"i.)
L'un pour l'autre
Prêt de s'unir à sa discrète amie,
Le bon Damis chez elle, un beau matin,
Sur un sopha la trouvant endormie,
Osa risquer un geste libertin ; Mais, par malheur, séveille la donzelle'. Et, ses beaux yeux encore appesantis :
Mon cher Louis, ah ! tu vaux trop, dit-elle ;
(Louis était un valet du logis) Toute la nuit, tu mas prouvé ton zèle.
Le jour, au moins, repose-toi, Louis.
{Élrennes gaillardes, 1782.)