‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 128 sur 139 · LE PRÉTENDU MALIN · texte numérisé non relu

LE PRÉTENDU MALIN

Jean recherchait pour l'hyniénée Paquette lémerillonnée ; Chacun disait à Jean : Paquette a mauvais bruit, Son honneur est un graud peut-être ; Oh ! dit Jean, la première nuit Je saurai bien le reconnaître.

{Étrennes gaillardes, 178"2.)

(1) Débotter: vieux mot pour exprimer l'acliori du mourir eu umou •

(2) Mors, vieux français, pour ■' iiiordrf •>.

GALANTERIES XVIIl*' SIECLE

(Vignelle do Uiiiot. ;,Mavce pur J. Le Roy. pour les Cunleniporaines, de Rétif de la Bretonne.)

GALANTERIES XYIII^ SIÈCLE

LA JARRETIERE

Ces attraits si brillans qu'Iris offre ù nos yeux, De ceux qui sont cachés nous rendent curieux.

(Estampe populaire anonyme, à sujet galant.)

21)0 GALANTERIES XVIU» SIECLE

MADEMOISELLE BATISTE (i)

J'étais alors dans mon plus grand enthousiasme pour le spectacle ; les acteurs et les actrices étaient, à mes yeux, des dieux et des déesses. N'ayant plus rien qui me retînt, je voulais jouer, devenir acteur, débuter sur un des grands théâtres: en conséquence, tous mes moments de loisir étaient donnés à létude de certains rôles, les ]'alets dans le comique; et dans la tragédie, les Rois, ou les premiers rôles. Mais, tout à coup, il me vint en idée que l'opéra comique me conviendrait mieux ; je trouvais ce genre facile, et le vaudeville m'enchantait

J'étais dans cet enthousiasme pour le théâtre quand je fis, par le moyen de Boudard, une partie avec trois actrices de Jean Monnet, directeur de l'Opéha-Comioi e.

La première était M^'*^ Mentelle ; Boudard était son cavalier ; les deux autres, dont la troisième n'était venue que par hasard, étaient ^jiies Batiste, qui faisait les seiiondes amoureuses, et Prudhome, première danseuse : celle-ci n'avait guère que quinze à seize ans, mais quelle rusée commère !... J'avais eu des désirs si vifs pour M^^^ Batiste, en la voyant jouer, que je tressaillis de joie, lorsque je la reconnus.

Mais j'avais encore trouvé plus jolie M^'® Prudhome. et je sentis, à sa vue, un épanouissement délicieux! Nous montâmes en voi lure. M"'' Prudhome fut sur mes genoux, et M''^ Batiste à cùlé de moi : M"" Mentelle et Boudard occui)aient le fond. Je fus ivre de joie, lorsqu'en descendant de voiture, je vis mes deux belles me prendre chacune un bras et mettre une familiarité charmante entre deux de mes divinités et moi.

Nous étions au Bois de Boulogne, Boudard marchait gravement avec M"* Mentelle. son amante: ils allèrent commander le dîner,

(t) Rélif n'était p.i*; irascon ; cependant, il est permis «le croire, (piaiid on lit ollenlivenienl loiis les délails de sa vie passionnelle, si coniplaisainnienl éniiniérês dans Minisiettr Nicolas, — un chef-d'œuvre, nu'^nie après U-a Confessions de Jean .lacipies. — (pi'il aimait quelque peu à se faire valoir, et même à se vanter. Il esl mt'mc permis de se demander, en lisant ces pages, s'il u'étail pas atteint d érolomanie a'ijj'uC lorsqu'il écrivit Monsieur Nicolas.

GALANTERIES XVIir SIECLE

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