‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 13 sur 139 · ET LA JOLIE SERVANTE · texte numérisé non relu

ET LA JOLIE SERVANTE

ou RUSE DUNE FEMME POUR COUCHER AVEC SON MARI

La lille d'un riche l)Ouri,'e(>is fut druiandt^e en mariai^e par un ami de son |»èro : re n'était cepondanl pas un vieillard. .1/. iAiis-'^aii avait au plus trente-deux ans : Anjêlinue Càjot en avait vin^M ; làge était proportionné. La jeune personne obéit à son père, sans goût décidé pour son fulur. mais aussi elle n'avait aucun tloii^Mieuient pour lui. Pour M. (".uissart, il adorait sa future.

11 est peul-èlre |)lus diflicileanx lion r.i,'' ois proprement dits d'»'tre heureux en ménay:e (ju'à toutes les autres classes: le Itourireois rsl sans occupation ; il vit de ses revenus, doiil l'administration n'est point assez étendue pour l'ott ii[ier lonirtemps ; il est toujours avec sa femme, dans le uiènie appart» nient : ordinairement, il s'oc(Mi|)e des petites choses du ménaije, faute de moyens plus relevés : il épiloirue petitement : il contrarie, il est contrari('' : les ca(|ueta:,'es de sa classe, le comuK'rai^e important des vieilles |)ies ,i,'rièclies. bourgeoises, sont pour lui ce que sont les papiers publics pour un Anglo- Français (1), ou pour un politique du l*(il'iis-lU):/iil. Or. toutes les fois que l'homme est mes(piin, <\uq ses occupations ne tranchent pas avec celles du second sexe, son épouse est insubordonnée, sans respect, sans admiration pour les talents de son mari.

M'"" (luissart était charmante : mais son mari, tout amoureux qu'il était, ne tarda pas à se rendre insu|iporlable : la belle Anirélique avait malheureusement trop d'es|)rit. pour n'être que bourgeoise ; elle sentit bientôt c()ud)ien son mari lui était inférieur; mais vertueuse par de solides principes, le deiroùt pour l'homme n'eut pas de suites plus fAcheuses, que de la faire beaucoup souffrir : les caresses d'un mari épilognenr. ne laissant pas une parole.

(1) Los |>;ipit>rs pul)lirs, c'est à «lire les j<>iiri):ni\ i|noli«iions. duiil hi nio(lc, venin; «T \nKlelorre, .s'rlail vile répiiiidiie en FiJincu el nvait créé la classe des " |K)Iilioieiis •■.

r GALANTETRIES XVIII® SIECLE

un mouvement, un geste libres, lui devinrent bientôt si fort n charge, qu'elle ne put le cacher entièrement. M. Cuissart s'en

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