‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 16 sur 139 · I.KS («;riS CASSKS. Conte · texte numérisé non relu

I.KS («;riS CASSKS. Conte

Eglé lui répliquait : « Tou ImuluMir rsl le luien. Mais il scroit moins cher à loti amant Si pour cause il n'avoil le ti«'n. •

Lise les écouloil à travers le Icuillage.

(iravurr île M;irl iiitl.)

qu'il en soupronnàt ricu.C.cMjui produisit un double elïet : M. C.uissart était plus complaisant et presque honteux avec elle ; M"'*" Cuissart en riait, mais A part. Klle aimait tendrement sa jolie servante : conmie sa maison clai! riche, elle trouvait beaucoup à prendr<^ sur la dépense sur des fantaisies qu'elle n'avait pas. mais qu'elle supposait, et elle on faisait j^our Madeleine un fonds, qui ne ih^vait

rien coûter à rinnocence de cette jolie lîlle. Enfin, le dénouement approche. ^^^-"^

La belle bourgeoise n'avait pas encore eu d'enfants. Mais depuis qu'elle était caressée en maîtresse, le devoir conjugal fut plus efficace ; elle devint enceinte. Elle en eut bien de la joie ! Ensuite, elle fit réflexion que son mari était censé ne pas l'approcher ; elle fut un peu embarrassée. Comment faire'? Si elle avait pu consulter sa voisine, qui l'avait déterminée à prendre Madelon, l'embarras aurait bientôt cessé ; la dame avait des expédients pour toutes les passes où peuvent se trouver les femmes ; mais M'°® Cuissart ne voulait pas divulguer son mari. Il lui vint une idée : ce fut de cacher son état le plus longtemps qu'elle pourrait (ce qui est facile aux grandes femmes), et lorsqu'elle serait dans le cas de le montrer tout d'un coup, d'une manière apparente, de mettre son mari à même de se tromper. Ce fut ce qui arriva, environ à six mois.

Un jour qu'on savait M. Cuissart dans un cabinet voisin, on se mit à parler de lui. On ne doutait pas qu'il ne prêtât l'oreille. Je tai bien des obligations, ma jolie Madeleine ! l'inclination que tu as inspirée à mon mari l'a rendu heureux, sans qu'il tait fait aucun tort et sans qu'il soit même réellement coupable. Une fille aussi sage que toi est un trésor pour une jeune maîtresse dont le mari est volage... il croit... en vérité, je ne puis concevoir comment il ne m'a pas reconnue ; car enfin, nous n'avons pas la même taille ! j'ai quelquefois toussé, et le son n'est pas le même. Enfin, me voilà enceinte, et il faut lui tout découvrir.

D'après cette conversation, la belle bourgeoise ne se gêna plus. Le lendemain, vers le soir, elle laissa paraître une situation qui devait étrangement surprendre son mari, qui n'avait rien entendu la veille. Il regarda sa femme avec des yeux inquiets... Mais que dire?...

Il lui vint une pensée : que Madelon l'avait trahi, et que sa femme s'était vengée. Cette idée lui déplaisait beaucoup ! mais il trouvait que la vengeance de M'"^ Cuissart était juste. 11 rêvait sur le parti qu'il devait prendre, lorsqu'il se trouva seul avec Madelon. — Tu mas trahi! (lui dit-il; je le vois, tu as tout dit à ma femme?) Madelon rougit et voulut s'éloigner. Il faut me dire la vérité, je veux la savoir absolument. — Je vous l'écrirai. — Non, je veux

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(*) I.c«> tiriix |>fi-uiiii;ii:is. riitiiiiiiif iIcImiiiI ri l.i rrinmc ;is>iso. ^oiil riM|iriiii(r>> ;iii\ |)i('ccs tif l'('cii\.iiii lU•.■mt1l.•l|•(•|l;li^. fui cITrchv»'!!»'!!! foiu-ll»'- :i Saint -l;i/.jiit' .liiisi «|iio Iji rt«l»li le D'' C.almiM's il.rn> les Intlisrrrlions de l'HisItiirc {\" sérir) «'l !a |)^■••^<'Il^^• cslainpc fui répaiMliH' paiioiil par ses ennemis. Voir niissi sur ce .■siijrl l'arlicle («eorgcs ISlniival dans la Rrrue de l'Arl.

l'entendre de ta bouche, et tu ne m'échapperas pas... Moi, qui me croyais aimé ! — Vous l'êtes, monsieur, par celle qui le doit, selon Dieu et la raison. — Ma femme ! — Sans doute. — Elle m'en donne

JOLIE FILLE, hein:

Au-dessous se lit en anglais la légende suivante :

« Parcourez cours et cités, villes et campagnes, en vain chercheriez-vous fille et si rondelette et si fraîche: vous ne la trouveriez point. Laissez donc lart dllogarth, de son pinceau habile, montrer à l'univers les charmes de ma chère petite Suze. »

(Estampe anglaise à la manière noire, d'après une peinture de Hogarth.)

une belle preuve ! elle est grosse ! — Sans doute. — Comment,

sans doute ! ha ! parbleu ! nous verrons ! si je t'avais fait un en-

ant, c'était un bâtard ; elle en a fait un sans moi, j'entends qu'il

soit bâtard aussi... ou morbleu... Quel est sou galant? tu le sais : il faut me le dire? — A'ous. — Moi. — \'ous-même! — Je ne l'ai pas approchée depuis... — .l'ai do riionileur. monsieur ; croyozvous que j'aurais commis un péché aussi i^^rand que celui que vous me supposez ! c'est madame seule que vous avez entretenue toutes les fois que vous m'avez demandé un rendez-vous. Madame ma toujours dicté les réponses à vos lettres, que je n'ai jamais lues : Madame, depuis ce temps-là, mali^Té votre injustice, vous aime, et eUe est enchantée de ce que vous allez être père. — Ma femme m'aime ! c'est elle qui... cela n'est pas croyable? — Assurez-vous en : Madame n'est pas prévenue ; allez la trouver : vous verrez.

M. (luissart enfernia la jolie servante dans la cuisine, et alla trouver sa fennne. Mlle (Hait en ce moment avec sa voisine, .le vous félicite, Madame, lui disail celle femme vous voilà dans une situiilion bien désirée. — Mlle nie comble de joie, à cause de celle qu'elle doit donner à mon mari... A propos, ma chère voisine, il est «nrrivé une sinf^ulièrc aventure à une femme, qui est dans le cas où je me trouve ! Son mari avait une cuisinière, dont il se croyait favorisé. Cependant, il n'en était rien : au moyen de cer taines précautions, c'était l'épouse qui recevait son mari ; jamais il ne s'en est aperçu. A présent (jiie la dame est grosse, elle se trouve un peu endjarrassée pour lui tout faire savoir? Hien n'est plus simple : qu'elle continue encore une seule fois; (|u'environ un quart d'heure après (pi'elle sera au lit, sa cuisinière entre avec jeux flambeaux, garnis de quatre bougies, qu'elle tire les rid«'aux et fasse voir la vérité. 11 n'y a pas à dilTérer : le mari pourrait nrendre d'étranges idées !

M. (hiissart, instruit par cet entretien, retourna auprès de Madelon ; il lui fit une lettre de demande ; elle la i)orla ; il la suivit: elle la donna et s'en retourna sur-le-champ.

M"'** Cuissart écrivit deux mots, qu'elle envoya par le domesliijiie à sa cuisinière. Son mari les lut par-dessus son épaule, il les reçut presque aussitôt des mains de Madelon. Après souper, il ne perdit pas sa femme de vue ; elle dit quelque ch(>se de bas à sa servante ; il la vit ensuite se glisser dans le lit de Madelon ; il l'y joignit, et au bout d'un (piart d heure, sa servante parut avec les naud)caux. (Convaincu, par ce qu'il voyait, de la réalité de ce que

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cette tille lui avait assuré, il dit à sa femme : Je perds une erreur, moins douce que la vérité : si vous m'aimez, je vous aime aussi : réunissons nos cœurs, ma chère femme, pour chérir le fruit de notre tendresse que vous portez, et récompenser Madelon.

Ce fut ce qu'ils exécutèrent : Madelon est retournée dans son village avec quinze cents livres de rentes, qui lui ont fait trouver un excellent parti. Le bourgeois et la belle bourgeoise se sont aimés quelque temps ; M. Cuissart est ensuite retourné à ses anciennes habitudes ; mais sa femme a deux enfants, et elle prend patience.

(RÉTIF DE LA Bretonne, Les Contemporaines par gradation,)

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