‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 27 sur 139 · LE SOLDAT · texte numérisé non relu

LE SOLDAT

Non, non, Guillot, sans être préparé.

Soldat ne peut bien faire l'exercice, Disoit, un jour, à cet amant novice Suson, d'amour le voyant enivré.

Vous vous trompez, lui répondit l'amant. Un bon soldat se forme en combattant.

{Le Joujou des Messieurs, 1760.)

GALANTERIES XV111« SIKCLK

(Vjgiicllc <le Kort'l pour un roiiKiii ;:;ilaiil. 1780.)

Le plaisir des Dames

Tn rertflin jcurip hoiniin' «lui se iin'l;»it dérriro, ayant f.nt un (iiscoiirs am|il(' (|iril intilulail < le |)laisir (1rs <laiiH'S », eut le dessein (le le préseûlrr à une ^Mande dame de la <l<>ur, et |)arrequ il n avait pas l'honneur d èlre connu délie, il prie un de ses amis de le présenter à elle : ils furent chez elle mais ne la trouvèrent point. Ne sachant à (juoi passer l'aprùs-dlnée, ils rallùrenl passer aux Tuileries, (ionmie ils s'y promenaient, ils avisèrent venir un c<«rrosse, et cet nmi dit : voilà Madame une telle (pii arrivo. et c't'tait celle à

qui il avait envie de dédier ce livre. Cette dame, en descendant du carrosse, se trouva si près de ce jeune homme qu'il fut surpris, et se rapprochant d'elle mit la main au fond de ses chausses, où était le discours qu'il lui voulait présenter, et tirant un gros rouleau de papier, avant quil fut hors de ses chausses, lui dit avec une profonde révérence : « Madame, voici le plaisir des dames. » Cette dame, et les autres qui étaient en sa compagnie, craignant de voir autre chose, mirent leurs mains au devant de leurs yeux et, s'en allant, se prirent à rire. Lui se retira tout honteux, fort mal satisfait de sa harangue.

« Presse, ose tout et Delphine est à toi. » (Gravure de Dorgez pour VArl d'aimer, de Bernard, édition de 1793.)

<;4 GALAMKRIES XVIIl* SIECLE

L'Amant circonspect

Ail. ([iiil fait cIkiikI ! disois-j(^ à l>l;us(\

Hier, en drcouvranl mon soin,

1^1 dans un bien autro dessoin,

(Juo de respirer à iimui aise ;

.Mais le ni^^aud. (luen vain je voulais animer

lU^nit d ahord ma eolieretle,

lùi me disant : belle Lisette,

Nouiez- vous donc ainsi vous enrhumer?

Sons ma robe je me délasse,

("e (jui paroissoit le fâcher :

Il eût voulu m'en empêcher.

Mais tout à coup mon lacet casse :

Je sentois les baisers de /éphir indiscret.

Ouand niaise, toujours dans la crainte

Huit ne me vit d'un rhume atteinte.

Sans rien oser, rattacha mon corset.

.le dissimule ma colère,

\'A bientôt d un air nonchainnt.

Avec peim' j ôte mou irant.

L imbécile ii\o Iais<oil faire.

.le contemple ma main, le dépit dans le cœur ;

('/(Moit lui dire de la prendre :

Mais las ! il n'y sut rieu comprendre.

Kt seulement en loun la blancheur.

Assis sur un il! de vcM'diire.

A nos'pieds un ruisseau couloit.

Dont le doux umrnmre invitoit

A se baiirner dans son eau pure :

Comme je m y dispose, alors plein de respect,

HIaise, a|)|treheu(ljnit de me nuire.

Derrière un buisson se retire.

Le sot Amant, qu un Amant circonspect.

GALANTERIES XVIlP SIECLE

Quitte là ton lin^e, Catin, Ne savonne pas davantage, ('e batelier étend sa main Pour que la bonté le soulage

LA ru AXCIILSSEUSE

En vain sa nacelle est à bord Et paraît être en assurance, Il est perdu s'il n'entre au port Dont tes yeux donnent l'espérance.

(Composition de C-N. Cochin, gravée par Michelle Marg. Thévenard.)

Se croyant seule, ainsi Lisette

(Contre lUaise se déj>itoit,

Uuand cet amant, qui lécoutoit.

Sortit soiiduiii d(^ sa retrait»'.

Sa timidité fuit; on résiste à ses vœux.

Mais ce n'est que pour la décence :

On soupire, l'Amour avance.

Kt le plaisir en couronne les feux.

Deux points du (>ode de Cythére

Se trouvent ici clairement :

Trop de respect chez un Amant

Toujours olîense une Bergère;

Kt quand une Beauté prodigue ses attraits,

Klle rah'ntit notre llamme :

C'est le désir qui nous enflamme ;

La résistance en aiguise les traits. XXXX

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