LIVRE III. gy
Ipmpête avec plus de joie. Sans cesse occupé de mes maux, toujours pleurant ma Nisida, je deraaudois au ciel la mort ou mon ami : les seuls momens que je trouvois moins amers étoient ceux où je chantois sur un luth qui apparlenoit à un passager.
Le second jour de notre départ, au moment où l'aurore commençoit à teindre l'horizon, j'étois assis sur la pouppe, et je considérois cette vaste mer dont le* flots tranquilles réfléchissoient les étoiles prêtes à disparoître. Tout reposoit autour de moi : les officiers, les matelots étoient livrés au sommeil j le pilote même dormoit sur son gouvernail : les voiles étoient pliées; on n'entendoit que le bruit de la proue du vaisseau qui fendoit doucement les ondes.
Ce profond silence, ce grand speétaclc de la mer et du ciel, cette aurore qui Tenoit lentement réveiller les malheurcvix, tout me retraçoit plus vivement
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mes peines: je pris mon lull), et je chantai ces paroles :
Tout se taît, tout est calme et dans l'air et sur
l'onrîe, L'on n'entend que le bniit des ailes du zcphir: Tout dort autour de moi dans une paix profonde; Moi seul je veille pour soufiVir (ïj.
Dcjù vers l'orient, sur un char de lumicre. L'aurore à l'univers annonce un jour nouveau : Ce jour est un bienfait pour la nature entière ; Pour moi seul il est un fardeau.
••Sous le poids des chagrins je sens que je suc* combe, Nisida, cher objet d'amour et de douleur, Xibida, tu n'es plus : la pierre d'une tombe Enferme ton corps et mon cœur.
J'en ctois à ce dernier vers, lof'^qne j'entends un bruit de rames qui senibloit
' i Agora que calla el viento, Y el sesc:o mar esta en calma.
No se Calle mi tormento.