‹ Galatée; pastorale imitée de CervantesChapitre 14 sur 30 · LIVRE lU · texte numérisé non relu

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et les deux sœurs, munies de leurs diamans, et d^'guisées en pèlerines, prirent la route de Gaïette, où elles sa voient que je ractois rendu. Elles y arrivèrent deux heures après le départ du navire. A force d'argent, elles trouvèrent des nimeursquï essayèrent de nous rejoindre ; le calme survenu seconda leurs efforts ; et l'amour qui protcgeoit sans doute ces aimables sœurs, les tit arriver sans accident jusqu'à notre vaisseau.

Je retrouvois Nlsida ; mais tu nous manquois, mon cher Fabian, et c'étoit payer bien cher la faveur que nous faisoit la fortune. Blanche le sentoit aussi bien que moi. Ton absence fut du moins le seul malheur dont nous tûmes à gémir.

Après une heureuse narvigation, nous arrivâmes à: Barcelone : nous espérions y trouver de te« oo^^velles 3 mais nos recherches. f^refU. vaines. Blanche fut la première à dtre. qu'il falloit parcourir toute rjiîpngtie, et ne s'arrclcr q\ic lors-

que nous t'aurions trouve : elle étoit bien sûre que cet avis seroit suivi. Nous résolûmes d'aller d'abord à Tolède, où sont établis des parens de Nisida. Mais, avant tout, nous écrivîmes à son père pour l'instruire de nos aventures, et lui demander la permission de nous marier à Tolède : il a répondu selon nos désirs ; et nous étions en route pour cette ville, nous informant par-tout de Fabian, quand noire bonheur nous a conduits ici.

Telle fut l'histoire de Timbrio. Dès qu'il eut cessé de parler, Thermite le prit en particulier; et le menant dans un coin de sa cellule, il lui dit d'une voix timide : est-ce que je n'irai pas à Tolède ? Timbrio, surpris de sa question, le regarde : Fabian baisse les yeux, et laisse échapper quelques larmes. Son ami le serre dans ses bras : il faut bien, lui répondit-il, que tu viennes à Tolède pour épouser ta chère Blanche : elle t'a*

dore ; elle n'a pas éic un seul instant sans penser à toi. Tu l'aimes toujours, n'est-il pas vrai ? Plus que ma vie, reprit Fabian : mais je t'aime encore davantage. Allons, ajouta- t-il en souriant, je quitterai cet habit d'hermite, et tu m'en feras trouver un plus convenable à un nouveau marié j mais, si tu m'en crois, quand nous serons les époux de ces deux charmantes sœurs, nous reviendrons ici vivre avec ces bons bergers qui nous aiment, et qui méritent que nous les aimions. J'en avois déjà formé le projet, reprit Timbrio : je suis fatigué du monde; et je veux finir ma vie dans ces bois, entre ma femme et mon ami.

Après cette conversation, ils vinrent en rendre compte aux deux sœurs et aux bergers : tout le monde applaudit à leur dessein.

Cependant la nuit étoit avancée.

Elicio conseilloit de gagner prompte»

nient le village. Je n'ai point de maison

à vous offrir, dit-il aux quatre amans j mais je vais vous conduire à celle de Galatée î Mœris^ sorr père, se fera un honneur de vous recevoir.

Son avis est suivi : on se met en marche 5 on donble le pas ; on arrive. Mœris alloit se mettre à table avec sa fille, Florîse, Téolinde, et les quatre bergers arrivés de Portugal pour emmener le lendemain Galatée. On frappe à la porte, les chiens aboient 3 Mœris vient ouvrir lui-même. Elicio lui demande l'hospitalité pour Nisida, Blanche, et les deux amis. Le vieux berger, honoré de pareils hôtes, les accueille avec respect : il appelle sa fille; il fait ajouter au souper tout ce qu'il a de meilleur ; et, les invitant à se mettre à table, il s'excuse sur ce qu'ils n'étoicnt pas attendus.

Pendant le repas, Galatée s'efforçoit de n'être pas triste. Klicio s'étoit placé le plus loin qu'il avoit pu des Portugais ; il les regardoit avec colère^ et ses yeujç

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