‹ Galatée; pastorale imitée de CervantesChapitre 23 sur 30 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

jrnrde avec tendresse, se renverse douce* ment, me tend ses mamelles pleines de lait, et semble m'inviter à partager la nourriture de l'enfant que je lui avois rendu.

Toutes les consolations humaines n'auroient pu m'empêcher de mourir; cette chèvre et ce chevreau m'attachèrent à la vie. RésoUi de passer mes jours avec eux, j'allai chercher une provision d'herbes et de fruits, et j'arrangeai la caverne de manière qu'elle fût commode pour nous trois. Le lendemain je pansai de nouveau la plaie ; au bout de quatre jours elle étoit guérie, et la chèvre sortoit, quelquefois seule, quelquefois avec son chevreau, qui nous suivoit également tous deux. J'ertois de mon côté dans les montagnes voisines de ma caverne : tous les soirs nous nous retrouvions. Quand j'avois rencontré dans raes courses du serpolet ou du cytise, i>n apportois à ma compagne j elle le

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mangeoit dans ma main : je mangeoî* mes fruits, et le petit chevreau tettoit. Après notre repas, j'allois fermer avec la pierre l'entrée de notre demeure, et, couchés sur la mousse et les feuille»

sèches, nous nous livrions au sommeil.

Aujourd'hui la chaleur du jour avoit empêché la chèvre et moi-mcme de sortir de notre caverne -, le petit chevreau avoit long-temps sautillé près de l'entrée : je l'y croyois encore, quand je l'ai vu revenir tout tremblant et poursuivi par un chien. Bientôt après un liomme a paru} j'avoue qu'à cet aspeét je n'ai pas été maître de ma fureur : je me suis élancé sur lui avec le projet de l'étoufTer, tant j'étois indigné qu'uu homme vînt me ravir les seuls amis qui me restoient. Vous avez été les témoins de mon combat et de son heureuse fin.

C'est aujourd'hui le plus beau jour de ma vie : j'ai retrouvé ma Téolindc, je sens revenir ma raison. Je vais passer

ma

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