LIVRE IV
ma vie avec celle que j'ai toujours adorée, et ma chèvre et mon chevreau ne me quitteront pas. En disant ces mots, il les caressoit d'une main, et tcDdoit l'autre à Tcolinde.
Le récit d'Artidoreavoit attendri tout le monde j on le remercia les larmes aux yeux. Il pria tout bas E'.icio de lui donner les moyens de couper sa longue barbe, et de prendre un autre habit.
Venez avec moi, lui dit le berger j j'ai dans ma cabane tout ce qui vous est nécessaire. Allez, ajouta Timbrio, nous vous attendrons ici ; et, pendant votre absence, je préparerai ce que je dois dire au père de. . . . Il s'arrêta j Galatée rougit. Artidore partit avec Elicio ; Téolinde lui recommanda de n'èire pas longtemps ; et la chèvre et le chevreau le suivirent.
Galatée avoit entendu que Timbrio youloit se consulter pour aller parler X
son père : elle comprit que sa présence le gèneroit j et feignant d'être obligée de retourner à sa maison, elle prit congé de Blanche, de Nisida, de Tcolinde, et gagna le village seule avec sa chère Florise.
Elles en étoient peu éloignées, lorsque quatre hommes, sortis de derrière une haie, saisissent les deux bergères, les empochent avec des mouchoirs de jet ter des cris, et les forcent de monter sur deux mules qu'ils tenoient là toutes prêtes.
Galatée et Florise obéissent en tremblant ; les quatre ravisseurs montent à cheval, placent au milieu d'eux les mules, et fuient au grand galop vers la frontière de Castille.
Ces ravisseurs étoient les quatre Portugais arrives dans la maison de Mœris depuis deux jours. Ils s'étoient apperçus du froid accueil de tout le village : la manière dont Elicio les avoit regardés pendant le souper, et les coups d'œîi