‹ Galatée; pastorale imitée de CervantesChapitre 25 sur 30 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

<]u'il jettoit sur Galatée, leur avoit fait soupçonner la vérité. Le retard demandé par Mœris pour aller à la vallée des tombeaux, le refus des habitans de les laisser venir à cette vallée, leur avoient semblé un prétexte et une insulte. Ils craignirent de retourner sans Galatée, et se décidèrent à un enlèvement qui devoit leur être pardonné quand la tille de Mœris auroit épousé leur maître. Tout leur avoit réussi ; ils fuyoient avec leur proie : mais l'amour veilloit sur Galatée.

Artidore, après avoir pris des habits dans la cabane d'Elicio, revenoit avec lui à la fontaine : ils voient de loin les quatre cavaliers, et reconnoissent les bergères. Elicio jette un cri, et vole à sa maîtresse. De ses deux' mains il arrête les mules : un Portugais lève le bras pour le percer d'un pieu ferré :

Artidore étoit accouru, et, d'un coup de bâton, il casse le bras du barbare. Les M 3

deux bergères profitent du moment, elles se glissent à terre, et, reconnoissant les lieux, elles courent ehercher du secours il la fontaine. Pendant ce temps, Elicio avoit ramassé le pieu du blessé ; et se rangeant près d'Artidore, ces deux braves bergers à pied, armés seulement d'un bâton et dun pieu, font tùte aux trois lâches cavaliers qui veulent venger leur compagnon.

Ce combat inégal se soutient ; mais le courage alloit céder à la force. Elicio, blessé au bras, ne peut plus se défendre, quand Timbrio, l'épée à la main, tombe comme la foudre sur les Portugais. Du premier coup il fait voler la tête de celui qui pressoit le plus Elicio. Tircis, Damon, Fabian arrivent, et les deux ennemis qui restoient, prennent la fuite à toute bride.

La blessure d'Elicio n'étoit pas dangereuse ; mais il perdoit beaucoup de sang. Galatée en est alarmée 3 elle i'c*

Page 1