‹ Galatée; pastorale imitée de CervantesChapitre 27 sur 30 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

amitié le rend digne d'envie : je n'ose espérer Galatée ; mais. . . Elle est à toi, s'écria INIœris les larmes aux yeux.

Viens, ma lille, je le donne à ton libérateur j viens embrasser ton époux. Galatée, vermeille comme la rose, approche, et craint d'avancer trop vite : Elicio étoit à genoux, et lui tendoit avec res- •pe6t le seul bras qu'il avoit de libre, Galatée le regarde, s'arrête, baisse les yeux, et devient plus vermeille encore.

Son père, qui jouit de ce tendre embarras, la prend par la main, la conduit à son heureux époux ; là, il fallut encore qu'il la forcit d'approcher son visage du sien ; et ce baiser fut le premier que Galatée eût reçu dans toute sa vie. Alors on raconte à Erastre l'enlèvement de Galatée et de Florise. Timbrio vient à lui : berger, dit-il, vous m'avez ravi le pins beau moment de ma vie : je voulois partager mon bien avec Elicio, pour lui faire épouser Galatée^ vous m'a-

vez prcvciui. Vous ne l'aimez pourtant pas plus que moi, mais vous l'aimez depuis plus long-tfmps, il est juste que vous soyez préfère. J'espère du moins, ajoutat-il en élevant la voix, que l'on me permettra d'accomplir un autre dessein. Je veux faire quatre parts de ma fortune : la première doit appartenir ^ mon ami Fabian ; j'offrirai la seconde à Téolindc et Artidore, pour les engager à se fixer ici ; la troisième sera partagée par les mains de Salvador aux pauvres de ce village j et de la quatrième on achètera une maison, des champs et un troupeau pour Nisida et pour moi. Oui, mes bons amis, je serai berger ; je linirai mes jours avec vous, avec Fabian : nos cabanes seront voisines, nos ménages seront unis, nous deviendrons l'exemple du village ; et nous vieillirons tous ensemble dans la paix, la joie et l'amour. Tout le monde remercia Timbrio :

Artidore et Téolindc l'embrassèrent.

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