SCÈNE XI
LES PRÉCÉDENTS, M. CARDOUIN.
M. CARDomif. — Bo'njour, messieurs. Vous saurez que j'ai appris ce matin le nom de l'assassin de la rue Saint-Marc. C'est un nommé... attendez donc... mon Dieu ! je ne connais que ce nom-là... je l'ai sor le bout de la langue... Ah ! j'y suis, c'est un nommé Courtin... ou Dussaussoy... enfin, an nom dans ce genre-lè; c'est un tailleur; on le dit 'très-bien de figure.
tNTÉRIEUftS DE BUREAUX. 4i
M. RiFfÉ, remeUani le journal à M. Desroches, ^ Le journal n'en dit pas un mot.
M. GÀRDOiriif . ^ On persiste toujours à s*abonner à ce journal. (// pas$e des manches de couleur pour préserver celles de son haMt.) Mais c'est le plus mauvais journal que je connaisse ; il n'y a jamais rien d'intéressant. Il est toujours le dernier à donner les nouvelles. J'aimerais mieux les Petites A fiches.
M. RiFrÉ. -— Vous allez d'une extrémité à l'autre, monsieur Cardouin.
M. CARDouin. — Est-ce vrai, ce que je vous dis? Rappelez-vous, il y a deux mois, dans cette affaire qui a été jugée, pour ce viol : à peine s'il en a parlé.
M. HiFFÉ. — Oui, j'avoue que, dans cette affaire, il n'a pas dit grand'chose.
M. GÀRDociif . — Âh ! vous cu couvcnez. Je vous cite celle-là, parce que c'est celle-là qui me tombe sous la main; mais c'est toujours comme ça. J'ai bien envie de mettre une petite bûcbe dans le poélc pour entretenir la chaleur.
M. DBSRocHis, interrompant la lecture du journal. — Comment ! vous trouvez qu'il ae fait pas aâsez chaud?
M. cARDOuiTf. — Non, mousicur, je ne trouve point qu'il Tasse assez chaud.
DESR0CHS8. — Mettez votre bûche, monsieur
\t GALERIE d'originaux.
Cardouiu ; mais je .vous préviens que, de mon côté, je vais ouvrir la fenêtre.
H. cARDouiif . — Je vois qu'il faut vous céder, je ne suis point entêté, moi. {On entend dans la pièce des garçons de bureau la petite toux sèche de M. Clergeot,)
M. cARDouiN. — Je vous annoRce, messieurs, la visite de M. Clergeot. (// regagm sa place.
M. Rijfé est à la sienne^ donnant un coup de brosse à ses guêtres et à son pantalon. Eugène expédie depuis son arrivée. Tous les tiroirs s^ouvrent à Varrivée du chef de bureau. Desroches a interrompu sa lecture^ et placé son chapeau sur le bureau] d'un voisin absent. Tous les employés sont à leur place.)