SCÈNE III
M. BELHAMY, ADÈLE.
M. BELHAMY. — Commcnt! ce pauvre Périnel est mort !
iDÂLE. — Mon Dieu, oui; quand vous vous désolerez, ça ne le fera pas revenir.
H. BELHAMY. — Jc uc mc désole pas, je dis que c'est Iriste de voir ainsi filer toutes ses connaissances, n'est-ce pas vrai? Je ne me désoie pas autrement. Périnet était un bon diable, au Tond ; ce n'était pas un aigle, mais 11 y en a tant comme lui, et qui vivent.
ADÈLE. — Celui qui sort d'ici, par exemple.
M. BELHAMY. — Ouellc différence! Périnef, tel
qu'il était, valait, à lui seul, dix Préparés; 11 est bête à manger du foin, celui-ci.
ABÈLE. — Vous dites ça de lui aujourd'hui, parce que demain vous renterrez; mais li n'y a pas si longtemps que je vous entendais dire : « Quel ennui que celte maison-là! quel être assommant que ce Périnei ! Il est béte comme une oie! » et je ne sais quoi encore vous n'avez pas dit.
M. BELHAMY. — C'cst possiblc, je nc m'en souviens plus ; après ça, où veux-tu que je me déboutonne, si ce n'est chez moi?
ADÈLE. — Si ce n'était que chez vous, je ne dirais trop rien encore ; mais c'est que c'est partout, et ça vous fait du tort, vous le savez aussi bien comme moi.
M. BELHAMY. — Ma fol, tant pis! ceux qui ne sont pas contents, qu'ils le disent.
ADÈLE. — Ils ne se gênent pas non plus.
M. BELHAMY. — Après lout, jc u'al besoin de personne...
ADÈLE. — Dieu merci.
M. BELHAMY. — Je u'al ni femme ni enfants, j'aime à m'amuser, et je m'amuse... au petit bonheur 1... Vois ce pauvre Périnet, le voilà ad patres I c'est peut-être comme ça que je serai dimanche.
ADÈLE. — Ne dites pas ça... c^ n'aurait qu'à vous porter malheur.
M. BELHAMY. — Le grand mal, quand on a un gros ventre...
ADÈLE. — Voyons, donnez-moi vile votre pan talon, que je l'arrange, vieux monstre !