PARENTS, INVITÉS, ETC
(Les arrivants vont se placer au fond de la pièce ; échange de saluts entre les personnes de connaissance. Tous parlent à voix basse.)
H. PRÉPARÉ. — Bonjour, monsieur Tétrot, de tout mon cœur.
M. TÉTROT. — Votre serviteur Irès-hupible, monsieur Préparé.
M. PRÉPARÉ. — Vous avez dû être bien étonné, monsieur Téirot, en apprenant la mort de ce pauvre M. Périnet.
M. TÉTROT. — Ne m'en parlez pas ! nous étions justement à table quand nous reçûmes le billet de faire part.
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M. PRÉPARÉ. — Moins favorisés que vous, nous n'avons rien reçu : ni lellre, ni billel, ni rien au monde ; je l'ai su par le plus grand des basards.
M. TÉTROT. — Vous savcz, daus des nïoments comme ceux-là...
M. PRÉPARE. — Aussi, je ne lui en veux point le moins du monde, je vous jure.
M. TÉTROT. — On ne sali où donner de la tête, et c'est bien naturel.
M. PRÉPARÉ. — Je me trouvais chez M. Belhamy.
M. TÉTROT. — Il va bien ?
M. PRÉPARÉ. — Mais il se portait fort bien hier.
M. TÉTROT. — Ce n'est pas une raison pour se bien porter aujourd'hui. Voyez ce pauvre Périnet î
M. PRÉPARÉ. — Nous avons avec ça, depuis un mois, un temps affreux... C'est extraordinaire la quantité de personnes qui s'en vont.
M. TÉTROT. — C'est merveilleux î Lundi, je ne sais si vous la connaissiez, nous avons enterré madame Beaumavieille.
M. PRÉPARÉ. — Madame Beaumavieille est décédée?
M. TÉTROT. -— Mon Dieu, oui ; je dînais deux jours auparavant chez elle.
M. PRÉPARÉ. — Ce qu'il y a de bien singulier, monsieur Tétrot, c'est que j'ai causé avec ce pauvre M. Périnet, il n'y a pas de cela quinze jours; il
MO GALERIE D'ORllilNAUX.
n'avait Tair de se douter de rien. Comnienl! madame Denumavieille est morte?
M. TÉTROT.— Lundi dernier, nous l'enterrâmes. Il faisait un temps détestable, comme aujourd'hui.
M. PRÉPARÉ. — li serait bien à désirer qu'il changeât.
M. TÉTROT. — Pour Ics récoltcs surtout.
M. PRÉPARÉ. — Pourtout en général.
M. DCPRÉ.— Votre servlleur, monsieur Tétrol... Bonjour, monsieur Préparé; et votre dame?
M. PRÉPARÉ. — Vous êtes bien bon; et la vôtre?
M. DiJPRÉ. — Vous êtes bien honnête... Eh bien, monsieur Tétrot?
M. TÉTROT. — Nous étlous ioîn de nous attendre à celle-là, monsieur Dupré...
M. PRÉPARÉ. — C'est ce que je disais, il n'y a qu'un moment, à monsieur; ce qu'il y a de bien singulier, c'est que j'ul causé avec ce pauvre M. Périnet, il n'y a pas de cela quinze jours.
M. DUPRÉ. — Je l'avais vu deux jours auparavant.*.
M. PRÉPARÉ. — Ça lui a pris comme un coup de foudre.
M. DUPRÉ. — Il me parlait de ses projets, des améliorations qu'il se proposait de faire à sa campagne... Enfin, que voulez-vous!... N'est-ce pas
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M. Philibert qui vient d'entrer là avec une cravate de couleur?
M. PRÉPARÉ. — Et son beau-frère, oui, monsieur Dupré.
M. DUPRÉ. — Je me disais aussi : Voilà une figure qui ne m'est pas inconnue. 11 est fort engraissé.
M. PRÉPARÉ. — Oui, beaucoup. Et il ne se doutait de rien?
M. DUPRÉ. — Qui ça ?
M. PRÉPARÉ. — Ce pauvre M. Périnet.
M. DUPRÉ. — De rien absolument... Ce fut aux boulevards que nous dînâmes ; il mangea comme à l'ordinaire, fort peu; Périnet, depuis longtemps, mangeait fort peu.
M.PRSPARÉ. — Fort peu... Je l'avais aussi remarqué.
M. DUPRÉ. — Je lui offris du café, j'en pris, il n'en prit pas.
M. PRÉPARE. — C'est que probablement il se sentait un peu...
M. DUPRÉ. — C'est possible.
M. PRÉPARÉ. — Mais, du reste, il avait toute sa tête.
lia i.ALERIE D ORIGINAUX.