QUATRIÈME VOITURE
M. MOUTARDIER, M. CORMOIS, M. PHILIDOR, M. VERSEPUY.
M. MOUTARDIER. — Moi, je Irouve le homard une viande lourde.
M. PHILIDOR. — Ah ! c'est Lien bon ; j'avoue mon faible, j'aime le homard.
M. coRMOis. — A déjeuner surtout.
M. VERSEPUY. — Je préfère les huîtres à toute espèce de choses.
M. PHILIDOR. — Je donne encore la préférence à un bon filet de bœuf.
M. MOUTARDIER. — J'aimc asscz le filet de bœuf, mais c'est la ditTiculté.
M. coRMois. — Le filet n'est pas plus difficile à faire qu'autre chose.
M. MOUTARDIER. — Jc HO dis pas; mais nous avons à la maison une diablesse de cuisinière, impossible de lui faire faire ce qu'elle ne veut pas; elle est terrible pour ça.
M. coRMOis. — Rien n'est plus facile qu'un filet de bœuf.
M. VERSEPUY. — Il faut d'abord lever le filet.
M. CORMOIS. — Puis, quand vous l'avez levé , vous le coupez par tranches minces.
M. PHiLiDOR. — Par tranches très-minces.
M. \ERSEPUY. — Très-minces, si vous voulez. Vous le mettez dans la casserole.
M. couMois. — Avec une sauce aux câpres...
M. FiiiLiDOR. — Vous y ajoutcz des anchois.
M. vERSEPLY. — Vous HC risqucz rien aussi d'y mettre des champignons et une pointe d'ail...
M. coRMois. — Que vous passez avec un peu de beurre, et vous mouillez avec un bon coulis; vous dégraissez votre sauce , et vous mettez votre fliel dedans...
M. VERSEPUY.— Avec le jus de l'aloyau, que vous faites chauffer sans attendre qu'il bouille...
M. coRMois. — Faut même pas attendre qu'ij bouille, et vous versez sur l'aloyau. Ce n'est pas plus difficile que ça.