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FREDERIC THOMAS

Journaliste et avocat de distinction, il n’a pas moins de considération au palais de justice que parmi les gens de lettres; il plaide et écrit avec le même succès, pour les mêmes idées, et avec un très-grand désintéressement. De 1835 à 1851 il a donné , il est vrai, la plus notable portion de son existence exclusivement à la presse. Après le 2 décembre, il lui a paru qu’il avait mieux à faire en parlant, et il s’est fait inscrire au tableau des avocats parmi les jeunes orateurs du barreau contemporain. Il a donc conquis aussi de ce côté-là une honorable notoriété.

M. Frédéric Thomas est né dans le Midi, à Castres (Tarn); élève de la Faculté de droit de Toulouse, il s’est fait recevoir avocat dans cette ville, et c’est là

qu’il a commencé à plaider dans les premières aimées qui suivirent la révolution de juillet. Mais Toulouse est une cité pleine de traditions et d’enchantements littéraires : indépendamment du concours annuel des Jeux floraux , celui qui se sent une vocation pour la profession d’écrivain y trouve des journaux, des revues et des publications de toute sorte. A l’époque où le jeune avocat entrait dans la vie active, la France entière manifestait un très-grand penchant pour tout ce qui était art et littérature. De nos journalistes en védette on faisait alors des ministres ; de nos poètes en évidence, des demi-dieux. Est-il donc étonnant qu’un enfant à peine échappé des bancs où l’on étudie Homère et Cicéron, se soit laissé séduire par les brillants mirages qui se levaient de 1830 à 1835 au-devant de la jeunesse?

Notre avocat littérateur a commencé par créer à Toulouse avec M. Ernest Falconnet, aujourd’hui conseiller à la Cour de Paris, un journal littéraire intitulé le Gascon. Il publia ensuite un journal politique dans lequel il insérait un feuilleton en vers toutes les semaines. Ce journal s’appe’ait la Patrie . Ce qu’il y a de remarquable, c’est la satire hebdomadaire en vers : le temps le voulait ainsi. A Paris, Barthélemy et Méry venaient

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