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FRÉDÉRIC THOMAS

de faire paraître la Némésis ; à Lyon, Berthaud et P.-J. Veyrat publiaient l'Homme rouge ; à Provins, Hégésippe Moreau écrivait le Diogène ; on voyait aussi la Tisiphone de Louis Bastide, et je ne sais plus quel cahier poétique de M. Tyrtée Tastet. Le journal en vers de Frédéric Thomas répandait ses iambes ardents dans le Midi. Un jour le parquet prit mal la chose et se fâcha ; on fit un procès à la Patrie. Avocat et poète, l’inculpé se présenta devant ses juges , et , suivant la vieille et belle méthode de Sophocle, remise en honneur par la génération de 1830, il plaida en vers ; il émut et gagna son procès. Rien de plus simple.

Après cette plaidoirie, qui les avait frappés , les magistrats furent les premiers à conseiller à l’orateur d’aller à Paris, et, grâce au ciel, le conseil fut suivi. Frédéric Thomas se lança alors dans la petite presse satirique , vestibule de toutes les carrières ; il écrivit au Figaro de 1837 avec Alphonse Karr, Edouard Ourliac, Gérard de Nerval et Auguste Maquet; de là, il alla hYEntr'acte et à plusieurs autres journaux de critique et de fantaisie. Le roman-feuilleton naissait ; il s’y rompit et y réussit; il a publié ainsi une vingtaine de volumes, soit seul, soit en collaboration avec M. Michel Masson. Il a

eu l’honneur de terminer les Petits bourgeois de Paris de Balzac, concurremment avec M. Ch. Rabou.

Le 24 février avait tout à coup rallumé en lui l’étincelle des passions politiques ; il retourna à Castres et y publia, sous le titre de l'Électeur du Tarn , un journal politique qui y eut mie grande influence. Depuis l’acte du 2 décembre il est revenu à Paris, et dès lors l’avocat a dominé l’homme de lettres, mais sans l’absorber entièrement. Frédéric Thomas a publié les Petites causes célèbres ( 36 volumes qui ont eu un grand succès ) ; il a écrit tour à tour dans YEstafetle , dans la Presse et dans le Siècle des courriers du palais qui y étaient les meilleurs du genre.

Au palais de justice, où il est justement consulté, Frédéric Thomas plaide fréquemment ; il a prêté plus d’une fois le secours de sa parole à ses confrères qu’il a toujours fait acquitter; notamment à MM. Roger de Beauvoir, Philibert Audebrand, J.-F. Yaudin, Ponson du Terrail, etc. , etc. — Il est chevalier de la Légion d’honneur depuis 1847.

PARIS. — IMP NAPuLÉON CHAIX ET C% Ul'K BERGÈRE, 20. — 8530

GALERIE DES COlfrEKJOHAINS.

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