‹ Galerie des contemporainsChapitre 18 sur 29 · CHAM · texte numérisé non relu

CHAM

GHAM

Ne cherchez pas la comédie seulement au théâtre; on la trouve aussi abondamment dans les journaux, dans les livres, dans les albums. L’esprit d’observation s’échappe de la plume de l’écrivain ou du crayon de l’artiste. Qui fait plus rire aujourd’hui qu’un dessin moqueur? Hogarth, l’humoriste anglais par excellence, a chez nous une nombreuse lignée. C’est à la source de son génie qu’ont bu, dès l’origine, tous les caricaturistes dont le talent nous réjouit. La liberté du journal à images, conquête de la révolution de 1830, a achevé de donner une certaine importance au dessin satirique.

Après Grandville, à côté de Gavarni, de H. Daumier, se trouve l’artiste dont le nom est placé en tête de cette Notice. Cherchez bien autour de vous, dans la presse

illustrée et dans l’imagerie amusante, il n’y a pas de nom plus, populaire que celui de Cham.

Cham (A. de Noë) est l’un des fils du comte de Noë, qui a été gentilhomme du palais sous Charles X et pair de France sous Louis-Philippe. Le Dictionnaire des Contemporains le fait naître en 1819, ce qui signifie qu’il grandissait sous la Restauration. La Charte de Louis XVIII ayant changé toutes les conditions d’existence sociale, même pour la noblesse, il fallait se choisir un état. Ses études classiques terminées, M. A. de Noë, pour complaire à sa famille, se destinait à l’École polytechnique, asile de l’aristocratie d’alors et de la haute bourgeoisie ; mais, chemin faisant , le jeune homme voyait que la nature avait fait de lui un artiste et non un ingénieur des mines, ni un officier du génie. Il se jetait sur un crayon avec une sorte de ferveur pieuse : « Je serai artiste, se disait-il, et je ne serai que cela. »

M. A. de Noë fréquenta quelque temps l’atelier de Paul Delaroche ; mais la peinture historique proprement dite étant d’un ordre trop sévère pour la jovialité de son esprit tout français, il allait désormais étudier sous

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