M“ PAULINE VIARDOT
Pauline-Ferdinande-Florence Garcia, fille d’Emmanuel Garcia, éminent professeur de chant, et sœur cadette de la Malibran, est née à Paris le 18 juillet 1821. Elle fut baptisée à Saint-Roch le 29 août suivant; elle eut pour parrain Paër, et pour marraine la princesse Prascovie de Galitzin.
Elle appartient à une famille privilégiée d'artistes dont la grande renommée n’a cessé depuis trois siècles de jeter un vif éclat dans l’histoire musicale.
En 1824, Garcia se fit imprésario et se rendit à Londres; deux ans après, il emmena sa troupe à New-York
et de là au Mexique, d’où la guerre civile le chassa. Pendant le trajet de Mexico à la mer, il fut dépouillé par l’escorte même qui était chargée de le protéger; il perdit ainsi toute sa fortune,, plus de 600,000 francs.
A cette époque, la Malibran était à l’apogée de sa gloire, et Garcia dirigeait Pauline vers le piano ; il lui donna le plus éminent des professeurs, Meysenberg, et elle fit des progrès rapides ; mais un peu plus tard, quand la Malibran fut morte, on s’aperçut que Pauline avait une voix magnifiquement timbrée.
C’est à Bruxelles, chez M. de Bériot, son beau-frère, qu’elle accomplit ses dernières études musicales. Elle chanta pour la première fois en public, en 1837, dans un concert au profit des pauvres.
Pauline part pour l’Allemagne avec sa mère et M. de Bériot. A Francfort, elle chante un duo avec la Sontag qui, de grande artiste, était devenue une simple comtesse. Elle vient en 1838 à Paris, où elle chante dans plusieurs concerts. Engagée au King’s-theater, elle y débuta le 9 mai 1839, d’abord dans Otello , puis dans la Cenerentola. Elle y obtint un succès immense.