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MADAME PAULINE VIARDOT

C’est alors que M. Yiardot, directeur de notre théâtre Italien, engagea Pauline, qui débuta, le 8 octobre, dans le rôle de Desdemona, où elle excita le plus grand enthousiasme. Elle transporta l’auditoire, non-seulement comme cantatrice, mais encore comme tragédienne.

A la fin de la campagne, Pauline épousa son directeur. Elle se rendit en Espagne; après Madrid et Vienne, Saint-Pétersbourg, où elle resta trois années, puis Dresde, Berlin , Hambourg , Francfort , où elle reçut les plus brillantes ovations.

Mme Pauline Viardot revint à Paris en 1849 pour créer à l’Opéra le rôle de Fidès, du Prophète. Cette création fut pour elle un grand triomphe; elle y excita un enthousiasme extraordinaire, et M. Meyerbeer, qui est d’un goût si difïieile, lui témoigna sincèrement son approbation. Malgré son succès immense, elle ne resta pas à l’Opéra, où ce rôle n’a jamais été aussi bien tenu que par elle, même parl’Alboni, qui le chantait d’une façon admirable, mais qui ne pouvait y déployer la même énergie et autant d’éloquence dramatique. Sur ce beau rôle de Fidès, si vigoureux et si élégiaque à la fois,

Mmc Pauline Viardot a mis une empreinte ineffaçable, et elle l’a chanté avec une autorité souveraine dans toutes les capitales de l’Europe : à Londres, à Berlin, à Madrid, à Saint-Pétersbourg.

Mme Pauline Viardot vient de contracter un engagement de trois années à l’Opéra. Elle a reparu dans les grands rôles du répertoire. Elle va créer le rôle principal dans YAlceste, de Gluck, opéra qui n’a pas été joué depuis un demi-siècle.

Mme Viardot est , comme était sa sœur Maria Malibran, une artiste hors ligne, douée de l’organisation la plus riche et la plus complète. Sa physionomie est noble et expressive; l’intelligence anime cette figure ardente encadrée par une noire chevelure. Sa voix vigoureuse de contralto atteint les sons du soprano, et à ces qualités elle joint un style incomparable et une méthode magistrale.

PARIS. — NAPOLÉON CHAIX ET Ce, RUE BERGÈRE, 20. — 7772

Disàéri.Phot.

Irae TAGLIONI.

MARIE TAGLI0N1

Quand M1,e Taglioni parut à l’Opéra, la France aimait la poésie et les poètes : Béranger , Lamartine , Casimir Delavigne, Victor Hugo, Alfred de Vigny, Alfred de Musset et tant d’autres, prenaient les cœurs à l’attrait de leurs mélodies, et l’école romantique, en ravivant le sentiment littéraire , avait mis en vogue le culte de l’imagination et de l’idéal.

Marie Taglioni vint donc bien à propos. Sa danse était la poésie même : aussi n’y avait-il rien dans ce talent si gracieux et si pur qui excitât las sens; ses mouvements et ses attitudes séduisaient par une décence jusqu’alors inconnue; la chasteté respirait dans sa physionomie et dans toute sa personne. L’art chez elle était dégagé de tout attrait matériel et ne s’adressait qu’à l’esprit. Elle n’avait ni la coquetterie de la

lîigottini , ni l’ardeur provoquante et lascive de Fanny Elssler, ni la rapide vivacité de Mm« Montessu, ni l’aimable gentillesse de Carlotta Grisi, ni les bonds entraînants de la Cerrito, ni la légèreté merveilleuse et tout aérienne de Mme Ferraris. Ce qui charmait chez Marie T aglioni, c’était l’élégance, la simplicité, le naturel; en un mot, c’était ce qui ne s’acquiert pas et ce qui est inimitable : la grâce.

Marie Taglioni est née à Stockholm en 1804. L’illustration chorégraphique est héréditaire dans sa famille. Son père, Philippe Taglioni, né à Milan en 1777, a été maître de ballets à Stockholm au temps de Gustave III ; à Cassel, sous le roi Jérôme, et ensuite à Varsovie , et son frère, Paul Taglioni, né à Vienne en 1808, a composé un grand nombre de ballets qui ont eu du succès. Marie Taglioni eut son père pour professeur, et dansa, de 1822 à 1826, à Vienne, à Stuttgard et à Munich.

S’est le 23 juin 1827 que Marie Taglioni , qui avait déjà une célébrité européenne , parut pour la première fois à l’Opéra. « La vaste salle de l’Opéra était comble, <t dit un spirituel feuilletoniste de cette époque; de

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