MARIE TAGLIONI
toutes les places, les applaudissements partaient ensemble comme une fusillade au commandement de feu ! puis ce murmure scurd, plus flatteur encore que le bruit des applaudissements , puis enfin tout retombait dans un religieux silence : on l’écoutait danser! »
Marie Taglioni est restée à l’Opéra dix années, pendant lesquelles elle a eu des créations charmantes ; on doit citer en première ligne : la Sylphide , qui mit le comble à sa réputation ; la Révolte au sérail, et la Fille du Danube.
De toutes parts on faisait appel à Marie Taglioni pour l’époque de ses congés; il lui était impossible d’accepter les engagements qui lui venaient de toutes les capitales de l’Europe. Elle a dansé à Londres, à Vienne, à Berlin, à Saint-Pétersbourg, et partout elle excitait le même enthousiasme qu'à Paris.
Elle épousa , en 1832, à Paris, le comte Gilbert des Voisins; ce mariage ne tarda pas à être suivi d’une séparation.
Marie Taglioni fit ses adieux, le 22 avril 1837, au public parisien qui adorait son talent. On ne peut ra-
conter l’ovation qui lui fut décernée dans cette représentation solennelle.
Elle partit pour la Russie, et l’on avait perdu à Paris l’espérance de la revoir un jour. Elle revint pourtaut en 1844 et donna sept représentations, qui furent pour elle sept triomphes, avec des recettes de 2:2,000 francs. Elle repartit, mais cette fois pour ne plus mettre le pied sur la scène; elle alla s’établir dans une magnifique villa au bord du lac de Côme.
Ainsi, après dix-sept ans , la danseuse disparut, mais la femme resta, femme distinguée, spirituelle, charmante de tout point, et pleine de cœur.
Marie Taglioni a protégé les débuts de la jeune Emma Livry dans la Sylphide , et a participé au ballet du Papillon.