DE LA GUÉRONNIÈRE
Le vicomte Arthur de la Guéronnière appartient à la vieille noblesse du Poitou. Un de ses ancêtres fut fait prisonnier à la bataille de Poitiers, et suivit le roi Jean à la Tour de Londres. Son grand-père fit partie de l’armée de Condé, et son oncle, M. de Lusigny de la Guéronnière, était aide de camp de la Rochejacquelein pendant les guerres de la Vendée.
C’est au château de Thouron, près de Limoges, que naquit, en 1816, le vicomte Arthur de la Guéronnière. Il y passa son enfance et sa première jeunesse , vivant de la vie de gentilhomme, en attendant qu’une vocation vînt le déterminer dans le choix d’un état.
Il n’avait pas vingt ans lorsqu’il épousa, par amour, MUe des Etangs de Lastours, une jeune fille d’un noble
caractère, d’une rare élévation d’idées, et faite, à tous égards, pour être la compagne d’un homme appelé à de hautes destinées. Mais l’heure de la vie publique n’avait pas encore sonné pour le vicomte de la Guéronnière. Il devait, contrairement à presque tous nos hommes politiques, savourer les jouissances de la vie privée, avant d’aborder la carrière de l’ambition.
C’est en 1840 seulement que le vicomte de la Guéronnière débuta dans la carrière littéraire, avec des articles publiés dans un journal fondé à Limoges par son frère le comte Alfred de la Guéronnière : l’Avenir national .
M. de la Guéronnière ne connaissait pas les engagements des partis; il n’avait prêté serment à aucun prince, et n’avait accepté d’autre drapeau que celui des grandes traditions nationales, se conciliant, dans sa pensée, avec les vœux et les espérances de la société moderne.
Il se rapprochait ainsi à la fois d’hommes politiques de sentiments divers , de M. de Chateaubriand comme de M. de Lamartine. Ce dernier lut et apprécia les articles de M. Arthur de la Guéronnière. Telle fut l’origine de l’amitié qui a lié depuis cette époque ces deux hommes illustres.
Par ses relations, par les sympathies qu’il éprouvait