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AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

Réaomur, Linné, Buffon, Daubenton, Antoine, Bernard et Laurent de Jussieu. — Les voyageurs Poivre, Commerson, Dombey, Sonnerat, Michaux, de La Biüardière. — Adanson, Desfontaines.

Le dix-huitième siècle est pour les sciences naturelles une des époques les plus fécondes. Non seulement toutes les branches de la science s’v perfectionnent, mais on en voit se développer dont nous avons à peine entrevu le germe.

Pour ne pas trop nous écarter de l’ordre chronologique, nous ouvrirons le siècle avec Réaumur.

René-Antoine Ferchault de Réaumur, savant naturaliste et physicien français, naquit à la Rochelle en 1683. Son père était conseiller au présidial de cette ville. Dès son enfance. Réaumur montra un goût particulier pour les sciences et préluda à ses travaux de physique et d'histoire naturelle par de sérieuses études mathématiques. A peine âgé de dix-sept ans, il publiait plusieurs mémoires fort remarqués sur divers problèmes de géométrie, et, à vingt-quatre ans, il devenait membre de l’Académie des sciences.

Maître d une belle fortune, Réaumur se fixa dans sa propriété de Bercy, près de Paris, et put s’y occuper tout à loisir des sciences qu’il aimait. Il s’y adonna avec une ardeur incessante, et, pendant un demi-

LES TEMPS MODERNES

siècle, publia presque chaque année quelque mémoire ou quelque ouvrage sur des sujets variés. Il concourut largement à la description des arts et métiers, à laquelle l’Académie travaillait, et fit beaucoup pour leur perfectionnement par d’ingénieuses applications, en même temps que ses expériences, souvent fort coûteuses, lui procuraient d’heureuses découvertes scientifiques. C’est ainsi qu’il dota la France de l’art de faire l’acier, qu’il simplifia la fabrication du ferblanc, inventa le genre de porcelaine qui porte son nom, fit le premier en France des essais d’incubation artificielle, et devint populaire par l’invention du thermomètre, qu’il gradua et divisa en 80 degrés. Mais une énumération, même incomplète, de ses œuvres remplirait plusieurs pages, et c’est surtout comme naturaliste que nous devons apprécier Réaumur.

C’est, d’ailleurs, dans ce genre de travaux qu’il a montré le plus d’originalité, et la plupart peuvent être regardés, à bon droit, comme des chefs-d’œuvre d’observation et de sagacité. Comme il avait passé ses premières années au bord de la mer, il avait commencé ses études sur un grand nombre de coquillages, sur les étoiles de mer, sur la reproduction des pattes chez les crustacés, sur la torpille, sur la phosphorescence de certains animaux de mer, sur la liqueur colorante qui fournit la pourpre, etc., etc., et non seulement il décrit les formes extérieures des animaux, mais il explique les phénomènes les plus obscurs de leur vie. Laissant de côté les systèmes et les classifications, il s’attache surtout à étudier les

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