‹ Galerie des poëtes vivantsChapitre 6 sur 28 · BÉRANGER · texte numérisé non relu

BÉRANGER

cent de passion on un soupir attendri qui ennoblit et épure. Il y a, je le sais, l'amour idéal et l'amour charnel, celui de la femme chasle et celui de la courtisane, l'amour sous les courtines de soie à glands d'or et l'amour dans la mansarde égayée de jeunesse et de soleil. Tous ces amours-là sont poétiques, celui de Lisette comme celui de Béatrice. Seulement les Jeannetons de l'antichambre ou de l'office ne me paraissent pasdignes des mêmes faveurs queVanciZ/aantique, esclave aux brunes épaules qui pouvait, sans blesser le regard et sans rompre l'harmonie, entrer dans le groupe des femmes célébrées.

Quant à être un pur chansonnier, naïf, sans arrière-pensée, le verre en main, les yeux pétillants d'aï et de gaieté brillante, il n'était pas dans la nature de Déranger, ni dans son talent, ni peut-être dans ses vœux, de s'en tenir a cet aimable rôle. Il a le rire facile et le vers leste; mais il était réservé à Désaugiers, à Gouffé lui-même, de mieux faire jaillir l'étincelanle écume du couplet.

Bien qu'il ne soit ni étranger ni hostile à aucune des rénovations poétiques qui, depuis vingt-ans, s'opèrent autour de lui, Béranger ne leur a fait nul emprunt. Dans sa diction, bonne et fine trame sans maille rompue, je n'aperçois pas une seule grâce, pas un seul effet de date récente, si ce n'est peut-être dans le Colibri, cette sautillante fantaisie rhythmique d'un tour si dextre. Puisque les anciennes res-

sources, habilement employées, suffisaient à sa manière, on ne peut faire de cette réserve l'objet d'un blâme; il est toutefois évident qu'un vernis plus vif, jeté sur quelques chansons un peu pâles, n'eût pas nui au lustre de la pensée.

La gloire incontestable de Déranger, c'est d'avoir élargi le cadre de la chanson au point d'y donner accès aux plus fiers élans du lyrisme, ainsi qu'aux plus douces effusions de l'âme. L'admiration hésite entre les strophes énergiques d'accent et celles dont les grâces souriantes brillent embellies d'une larme. Odes ou chansons, comme il vous plaira, l'effet de l'idée mère y redouble par la magie du refrain, agile ressort qui la ramène à temps égaux et la fait victorieusement saillir. Quel n'est pas le prestige du refrain dans le Bonheur, oii il éclate et se prolonge connue un écho de colline en colline? Cette répétition, parfois simplement pittoresque, n'est-elle pas à l'occasion solennelle et émouvante comme dans cette magnifique pièce du Suicide, ou le poète déplored'une voix si touchée, la fin tragique deLebras etd'Escousse?

Pauvres enfants! l'eclio murmure encore L'air qui berça voire premier sommeil.

Si quelque brume obscurcit votre aurore, Leur disail-on : Attendez le soleil.

Ils répondaient: Qu'importe que la sève Monte enrichir les champs où nous passons

UÉRANGER. 91

Nous n'avons rien, arbres, fleurs ni moissons. Est-ce pour nous que le soleil se lève? Et, vers le ciel se frayant un chemin, Ils sont partis en se donnant la main.

Dieu créateur, pardonne à leur démence.

Ils s'élaient faits les échos de leurs sons,

Ne sachant pas qu'en une chaîne immense,

Non pour nous seuls, mais pour tous nous naissons.

L'humanité manque de saints apôlres

Qui leur aient dit : Enfants, suivez sa loi.

Aimer, aimer, c'est être utile à soi ;

Se faire aimer, c'est être utile aux autres.

Et, vers le ciel se frayant un chemin,

Ils sont partis en se donnant la main.

En tête de son dernier recueil, le plus bean de tous, Déranger a exprimé le regret de laisser déserte la voie où il a si glorieusement marché. 11 n'a point en cfTet de successeur indiqué à celle heure ; mais, il y a quelques années, uiîe mort lamentable lui en a ravi un bien digne de recueillir son opulent héi^ilage. Ilégésippe Moreau, dont il est ici question, avait des portions de talent qui trahissaient un double lignage, recouvert toutefois d'une personnalité trèsdistincle. Si la voix du rapsode marseillais troubla, comme il le dit, son sommeil, la fée mélodieuse qui se pencha sur le berceau de Béranger l'avait également touché de sa baguette. Son culle pour l'auteur du Poi d'Yveloi était moins un objet d'imitation qiit:

d'émulalion, et je ne crois pas que le vieux maître eût renié une aussi sémillante composition que les Modistes hospitalières, par exemple. Il est même une des chansons de Moreau, la Fermière, que j'oserais signaler comme un petit chef-d'œuvre égal aux plus rares du genre. Il s'en exhale des bouffées d'un vent frais qui pénètre le couplet d'une singulière saveur agreste.

En fermant les yeux, je revois

L'enclos plein de lumière, La haie en fleur, le petit bois,

La ferme et la fermière!

Mais, quel que'soit le mérite des chansonniers qui viendront, l'auteur des Contrebandiers n'a point à redouter un de ces violents revers qui jettent souvent en bas de leur piédestal les statues inconsidérément inaugurées. Sa gloire sera toujours chère au pays, et l'estime qui environne sa vie en restera la pure égide. La belle unité de sa conduite, toujours d'accord avec les sentiments nationaux dont il propageait les flammes, avivera dans tous les cœurs honnêtes l'admiration du populaire génie. Car pour celui-là du moins, les palriotiquesaccentsnefurent pas le masque d'ambitions vulgaires. Vous dont la muse était celle musique du tambour qui bal la charge, quand a sonné l'heure du triomphe, on ne vous a point vu, poëte, revendiquer une port du riche butin sur

DERANGER.

lequel sont tombées tant de voracités gloutonne?. Vous aviez été du combat, vous n'avez pas daigné être du pillage. Soucieux de la pureté de voire vie autant que l'artiste de la beauté de son œuvre, vous avez fui devant les faveurs qui ne demandaient qu'à naître sous vos pas. C'est là un désintéressement digne de mémoire. On en voit encore qui, dans le trouble inapaisé de leur âme, se cabrent contre la gloire et se dérobent au rayon qui les poursuit; mais qu'ils sont rares les austères transfuges de la fortune et des honneurs ! C'est pour cela,ô vieux maître, que votre nom sera doublement glorifié. Votre front blanchi n'aura point h. souffrir des sarcasmes de la jeunesse, toujours prompte à l'ironie; et quand vous passerez dans ses rangs, émus de respect à votre approche, vous pourrez redire avec confiance un de vos refrains les plus touchants :

Dans l'air plus dons j'cnlends l)allrc des ailes, Tous les amours ne sont pas envolés!

Est-il un esprit plus dispos et d'un tour plus vif que celui de M. Emile Deschamps? Ert est-il beaucoup de nos jours qui aient celte aménité de caractère, cet entrain de conservation, cette bienveillance universelle? M. Sainte-Beuve a spirituellement remarqué qu'en poésie on n'a pas coutume et qu'on n'est pas tenu d'aimer ses héritiers présomptifs; je ne sais pas si M. Emile Deschamps aime les siens, mais l'accueil empressé qu'il ne manque jamais de leur faire le donnerait du moins à croire. Il n'est pas en effet de jeune enthousiasme poétique dont M. De?champs ne fortifie et n'exalte la confiance, tout en lui conseillant, pour première loi de conduite, la rime exacte, hors de laquelle il ne voit guère de salut.

L'époqiieest simaussade, et, osons le mot, si bourrue, que M. Emile Deschamps, pour ne jamais rien dire que d'agréable aux femmes et aux poêles, deux sortes d'amours-propres très-ombrageux, pourrait bien, grâce à ces façons courtoises, perdre quelque chose dans l'estime des gens dits sérieux. Un soir, dans une des rares maisons où il se dise encore des vers, M. Deschamps, après une lecture, criait bravo d'un salon voisin, où il était évidemment occupé de toute autre chose, u Mais il n'a pas entendu, remarqua quelqu'un. — Vous ne connaissez pas M. Deschamps, dis-je à mon tour, autrement vous sauriez qu'il n'a pas besoin d'entendre pour appléudir. »

Prenez garde toutefois. C'est là un trait de caractère dont vous seriez dupe, si vous alliez croire qu'à travers toutes ces bouffées d'encens notre spirituel tlatleur ne sait pas trouver moyen de produire son véritable sentiment. Récitez-lui, dans le particulier, une pièce de vers; il se récriera sans doute à chaque passage, mais c'est au passage le plus faible qu'il se récriera de phis belle et qu'il battra des mains. Cependant, lorsque vous aurez fini, après les compliments prodigues sur l'ensemble, il reviendra juste à cette slance défectueuse qu'il aura comme soulignée par ses applaudissements, et alors, avec toutes sortes de précautions, il vous dira ses scrupules, et finalement vous mettra le doigt sui ce grain de verrutirie

qui dépare, suivant lui, voire collier de perles fines. Or, je le demande, n'est-ce pas là, suivant la comparaison du poëte, enduire de miel les bords du vase qui contient les sucs amers ?

M. Emile Deschamps est un de ces poêles qui valent mieux que leur œuvie; d'où il ne faudrait pas conclure que Fon œuvre soit sans distinction et sans mérile. Mais combien de talents qui ont perdu l'occasion de donner toute leur mesure ! Tandis que quelques-uns ont la chance de saisir et de fixer au passage une inspiration fortuite dont s'empare la renommée pour les surfaire à plaisir, d'autres s'en vont égrenant par tous les sentiers la semence qui, fécondée par quelques rayons favorables se fût épanouie en gerbes glorieuses. Nodier, pour ne citer qu'un nom, n'était-il pas de beaucoup supérieur à tout ce qu'il a produit? Pour mon compte, en fait de destinées littéraires, je suis des plus superslitieux ; je crois volontiers aux étoiles propices ou funestes qui secondent ou déjouent les talents.

Il faut regarder comme provisoire l'édition Delloye des poésies des deux Deschamps. Bien que moins incorrect que celui de son frère, le volume d'Emile a besoin également d'être soumis à un travail d'expurgation qui fasse circuler du jour et de l'air dans cet inextricable enlacement de branches vivaces et de jets parasites. La pièce de résistance est, sans contredit, ce poëme de Uodrigue, qui semble écrit de ce mnh'n,

tant le rhythme a de souplesse, le style de fraîcheur, le vers de perfection. Que la couleur espagnole n'y soit pas étalée à profusion, je n'en saurais blâmer l'auteur. La régularité de la ligne a toujours été sa première sollicitude, et il est de ceux qui se peuvent dire:

Plus que des couleurs épris des contours.

Son vers a été un des premiers à se mettre au pas des évolutions nouvelles, à s'animer de coupes et de nuances favorables au jeu du sentiment et de l'idée. Voici, comme échantillon de son faire, deux stances de lîodrigne, écrites tout au commencement de la rénovation poélic[ue.

Toujours, lanl que les yeux el la rougeur des belles Démenlironl leur bouche aux paroles rebelles; Tant que leur cliant aura la douceur du ramier, Que les bals dénoùronl leur tresse noire ou blonde, Que Tolède verra leur taille svelte et ronde Se balancer comme un palmier;

Toujours un vague inslmcl, un charme involontaire, Vn céleste besoin sauront avec mystère Aux bras de la moms tendre entraîner le plus fier; lit les maux qu'on endure, et les maux qu'on soupçonne, Et ceux que j'ai chantés... n'empêcheront personne D'aimer comme on aimait hier.

LES DEUX DK?r,HAMPS. 00

A la suite des traductions de toutes langues, ce recueil contient une foule de poésies diverses que l'auteur a principalement manjuces de son cachet propre. En lisant des pièces telle que Souvenir du Dauphiné, Je suis mort, le Malin d'un bal, l'Homme aux tigres, on retrouve la filière qui remonte aux poésies détachées de Voltaire, à celles de Barthe, à celles trop peu connues de Bonnard. Seulement le poète contemporain apporte dans ce genre ordinairement négligé d'exécution une rectitude et une recherche de forme qui l'élèvent à la dignité de l'art le plus exigeant. Que Ton compare Tépître à mademoiselle de Croze et les conseils que Barthe adresse à une jeune personne qui entre dans le monde, on verra dans un sujet presque identique toute la supériorité de M. Deschamps, supériorité due en partie à la vivacité et au piquant du trait. Au milieu des tristesses anglaises qui déteignent à celte heure sur le plus grand nombre des talents, cette veine d'esprit français a son à-propos et sa valeur de tradition. On a vu de pires rôles que celui de continuer Rivarol ; aussi, quand je vois l'Académie repousserai. Deschamps qui heurte à ses portes, j'ai une raison de plus de penser que ces messieurs n'ont pour la plupart jamais lu les œuvres des gens qui s'aventurent à briguer leurs suffrages. Autrement l'Académie oublierait donc qu'elle est un salon littéraire, et (pie dans tout salon l'esprit a ses entrées naturelles. 11

EISLIOTHlC.

Oftavlansis^

est vrai qu'à trop se recruter dans certains rangs, le susdit salon menace fort de se transformer en classe de régent ou en étude de procureur. Les traductions en vers de Machelh et de Roméo et JuJieltesont d'ailleurs des titres tout académiques, dont l'importance, pour n'avoir pas subi l'épreuve de la scène, n'en est pas moins considérable.

M. Emile Deschamps, dans son aimable scepticisme, avoue, eu jouant sur les mots, qu'il a pris le parti sage de n'avoir de parti pris sur rien; M. Antoni Deschamps, au contraire, prend feu et parti en toute occasion, sur toutes choses. Nul enthousiasme public ne le laisse indifférent, il faut qu'il opine sur toutes les questions à l'ordre du jour. H se passionne tantôt pour les zouaves, tantôt contre les jésuites; M. Berlioz le transporte, et M. O'Connell aussi; de sorte que, sur chaque événement contemporain, sur chaque mort illustre, sur toute émotion [)ublique, il écrit une douzaine de vers, quelquefois plus, quelquefois moins, espèce de premier-Paris poétique qu'il s'en va insérer au hasard dans le premier journal venu.

Quelque généreuse que soit toujours l'inspiration de ces premiers-Paris, le traducteur de Dante n'est plus là tout entier. Ce n'est pas que M. An ton i Deschamps ait jamais donné des preuves de cette puissance de composition et de cette égalité d'haleine qui font que toutes les parties d'un poëme secorrespon-

Jent dans unjuslcct constant équilibre; non sans doiile, et il faut espérer de lui plus de coups de pinceau heureux que de toiles réussies, plus de beaux distiques que d'ensembles parfaits. Épris de bonne heure de musique, de peinture et de vers, promenant son enthousiasme de Dante à Cimarosa et à Raphaël, il visait plus, en vrai dilellanle, aux effets de touche et d'accent qu'à l'unilé laborieuse d'une œuvre accomplie. Aussi n'est-il rien, suivant moi, dans ses poésies, de supérieur au premier livre : Les Ilaliennes. Les sujets d'art qui exigent la distinction du style, la science des tours et certains airs de tête dans la période ennoblie, ces sujets-là sont naturellement le triomphe de sa manière.

Le jour des Moccoli, lorsque Rome la sainte I^aisse errer la folie en sa bruyante enceinte, Ceux de Caslel-Gandolfe et ceux de Tivoli, l'orlant au pied la boucle en argent raal poli ; Les filles de iNetlune, au corset d'écarlate, Ornant de médaillons leur sein où l'or éclate, Et dans un réseau vert enfermant leurs cheveux, Et celles de Lorette où l'on fait tant de vœux; Celles de Frascati, dont les beaux yeux sans voile Luisent sous le panno comme une double étoile; Hommes, femmes, enfants, s'avancent d'un pas lent Vers la nocturne fêle et le Corso brûlant.

On le voit, M. Antoni tend surtout au style, en prenant ce mot dans l'acception que lui attribuent les peintres.

Il serait injuste de juger les Dernières Paroles avec le sangfroid accoutumé de la critique. Bien que la poésie soit toujours le produit d'une sorte de vertige, ou, si Ton veut, d'une surexcitation accidentelle de Tesprit, celle-là est l'expression d'une souffrance trop délirante pour qu'on s'informe de trop près si la muse qui pousse de tels gémissements conserve bien, ainsi que Rachel dans les scènes les plus pathétiques, toute l'harmonie de ses poses, et ne brise jamais les plis réguliers du péplum. 11 y a, d'ailleurs, dans ce livre, des beautés poétiques du premier ordre. La douleur y jette des cris par instants qui rappellent David chantant les psaumes du repentir, ou Job déplorant les misères sans nombre de l'humanité. Puis, au revers d'une page toute retentissante de ces angoisses, vous tombez sur certaines petites pièces d'où s'exhale une quiétude qu'on était loin d'attendre. On dirait alors qu'un vent matinal et pur a touché de ses froides ailes le front embrasé du poète. Tel est ce mélancolique rapprochement du malheur expansif de l'homme et du chagrin discret, résigné, silencieux de la femme qui tient ses peines les plus cuisantes scellées dans son cœiu' comme dans un tonibbau. Telle est surtout l'impression que produit ce petit tableau (ce quadro, dirait Chénier) d'un intérieur d'église vu du dehors, un dimanche, à l'heure delà messe, tandis que le printemps, les oiseaux et le soleil emplissent l'air de gais

rayons, de voix amoureuses el de brises balsamiques.

Après cela, que conclurai-je touchanl les deux frères? Mais d'abord le portraitiste n'a jamais à conclure. S'il a donné de son modèle im dessin ressemblant, croquis ou esquisse, sa tâche est faite, et ce n'est pas à lui de décider si la figure est périssable ou immortelle. Puis les destinées poétiques ne sont pas de celles qui se présagent avec certitude. Les deux Deschamps, laîné surtout, ont joné avec ardeur et foi leur rôle dans le mouvement dit romantique; parce que d'autres, plus turbulents ou plus chanceux, ont depuis soulevé plus de bruit autour de leurs noms, ce n'est pas à dire qu'ils franchiront plus sûrement ce périlleux détroit de l'avenir. Nos petits-neveux auront seuls la solution du problème; mais voilà que nos grands oracles sociaux assurent qu'ils auront à se préoccuper, ces fortunés petitsneveux, de questions bien autrement graves et importantes. Je le veux bien, et si, joint à toutes les belles vertus dont, grâce à toutes nos doctrines philanthropiques, démocratiques, économiques et autres, ils ne peuvent manquer de s'enrichir le cœur, si, dis-je, ils inventent un plus noble et plus digne exercice de leur génie que la culture des arts et de la poésie en particulier, je les envie el nous déclare déshérités du meilleur de la dot humaine.

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