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INTERIEUR DE FERME

ne paysanne agenouillée, vers le milieu du second plan, devant un grand baquet d'eau, est occupée à nettoyer des ustensiles de cuisine; des poteries, des vases en cuivre et en fer-blanc, sont épars sur le sol. Devant elle, deux enfants, une petite fille ayant un panier au bras et une corbeille sur la tête, et un petit garçon. Derrière la fermière, un paysan à la barbe blanche, coiffé d'un large feutre et appuyé sur une bêche. A droite, au premier plan, des chèvres et des poules; plus loin, deux vaches derrière une cloison et avançant la tête. A gauche, un âne ; des légumes à terre et dans un panier, puis une espèce de petit enclos formé par une séparation en planches. Au fond , une large ouverture donnant sur une cour, où l'on voit

un homme et deux femmes auprès d'un puits. Signé, au bas de la droite, sur une pierre :

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Toile. Hauteur om8o — Largeur imi4.

Collection du comte d'Hane de Steenhuyse. Paris, 1860.

Élève de David Téniers, Mathieu van Helmont est resté fort loin de son modèle; mais ce n'était pourtant pas un peintre sans valeur. Il est du nombre de ces artistes secondaires dont les œuvres commencent à être recherchées depuis que celles des vrais maîtres deviennent introuvables et inabordables. Presque tous les biographes disent, d'après Descamps, que ses ouvrages étaient estimés de Louis XIV, qui n'aimait guère ceux de son maître, comme on sait. Comment se fait-il alors qu'il n'y ait rien de lui au Louvre? En consultant les catalogues de ventes faites à Paris, nous voyons seulement, en 1809, a la vente des tableaux de Maystre, de Genève, faite par Destouches, un van Helmont ainsi décrit : « Grande place de Bruxelles; marché aux herbes, fruits et volaille; nombre de figures et grande variété d'objets. » Il n'y a pas de van Helmont dans les musées de Belgique ; le nom de cet artiste ne figure dans aucun des catalogues des grandes galeries publiques de l'Europe.

On voit au musée de Lille un intérieur signé D. T. (David Téniers), que M. Reynart, conservateur de ce musée, d'accord avec W. Burger, a restitué à Mathieu van Helmont. N'y a-t-il pas de par le monde bien des œuvres du même peintre débaptisées au moyen de la fausse signature ou du faux monogramme de Téniers ?

Dans la galerie d'Arenberg se trouve une grande kermesse de van Helmont, que W. Burger décrit ainsi : « Il y a peut-être cent personnages en divers groupes, dont quelques-uns rappellent la

magnifique kermesse de Rubens au Louvre. Un des personnages, en casaque noire et chapeau à larges bords, tenant une pipe dans sa main gantée, paraît être le portrait de l'artiste. Point de signature, apparente du moins. » S'il est fâcheux pour van Helmont qu'on l'ait souvent dépossédé de ses œuvres, il aurait droit d'être fier, si la vanité était un sentiment de l'autre monde, de voir ses tableaux attribués à Téniers ou comparés à ceux de Rubens.

HONDECOETER

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