CONTRE LES SÉDUCTIONS DE CALYPSO
n jeune homme, vêtu d'une tunique blanche, traverse une terrasse en fuyant, sous la protection de Minerve, qui plane au-dessus de lui, et le protège contre les traits que lui décoche l'Amour, pendant que Vénus lui présente une pomme et Bacchus une coupe. A droite, un groupe d'arbres; au fond, une balustrade au delà de laquelle on voit, en contre-bas, un paysage avec fabriques, cours d'eau et montagnes à l'horizon; ciel d'orage. Signé en bas, à droite :
Toile. Hauteur om82 1/2— Largeur iŒ22.
Collection van Saceghem. Bruxelles, 1 85 1 .
Gérard de Lairesse expie la faveur excessive dont il jouissait au siècle passé . Après avoir abusé de la mythologie, on s'est avisé de la proscrire du domaine des arts. Nous ne dirons pas que la vogue lui revient, mais on la tolère. Les systèmes ont beau essayer de s'imposer aujourd'hui, il y a une tendance manifeste à l'éclectisme. Gérard de Lairesse ne retrouvera pas l'engouement qui faisait jadis payer ses œuvres fort au-dessus de leur valeur, mais il reprendra sa place dans les collections où l'on veut que toutes les époques de l'art soient représentées.
Il arrive souvent qu'on force l'interprétation des sujets traités par Gérard de Lairesse sous la forme allégorique. Est-on bien sûr, par exemple, que les deux tableaux de lui qui sont inscrits dans le catalogue du musée d'Amsterdam, sous les numéros 186 et 187, représentent, comme on le dit, le Pouvoir légitime et la Révolution? Ce sont là des idées que ne pouvait pas avoir un peintre du XVIIe siècle. Nul ne pensait alors à la Révolution : on était aussi loin- du mot que de la chose ; mais on pensait à Minerve, à Vénus, à l'Amour, et le sujet du tableau qui vient d'être décrit était de ceux que traitait habituellement le peintre liégeois.
LINGELBACH
(JEAN) Né en 1625 à Francfort-sur-le-Mein; mort en 1687 à Amsterdam