COMBAT DE CAVALERIE
'action principale se passe vers la droite de la composition. Sur le devant, près d'un cheval renversé, le chef, montant un cheval blanc au galop : habit jaune à longues basques, ceinture bleue, feutre noir à plumes bleues et blanches, grandes bottes grises; tourné vers le fond et donnant des ordres. Près de lui, un porte-étendard et d'autres cavaliers accourant. Plus à droite, un cavalier désarçonné qui essaye de se relever en se tenant à la queue de son cheval lancé au galop. Au second plan, grande mêlée de combattants ; au fond, groupe de fermes et d'arbres. Au delà du chef, dans la même direction, des cavaliers sortant d'un taillis, et l'un d'eux culbutant un ennemi d'un coup de pistolet. A l'extrémité de la gauche du premier plan, deux cavaliers galopant vers la droite. L'un d'eux, portant un étendard, a pour insignes une écharpe rouge et tient la main
droite levée. Au fond, des cavaliers en fuite. Signé au bas, vers la droite :
i6Ca
Collection d'Hane de Steenhuyse. Paris, 1860.
Ce tableau présente beaucoup d'intérêt, comme étant une des œuvres les plus anciennes, la plus ancienne peut-être, avec date, de Van der Meulen, et comme ayant un tout autre caractère que les productions de ce maître qu'on a l'habitude devoir. On se représente toujours Van der Meulen comme le peintre des grandes et des petites actions de Louis XIV : ses victoires, ses chasses, ses promenades. Il apparaît ici sous un aspect différent. Il y a tout lieu de supposer qu'il peignit ce tableau avant de se rendre à Paris, où, comme on le sait, Lebrun l'attira pour s'en faire un collaborateur, ne pouvant suffire aux commandes qu'il recevait de la cour. On ne connaît pas au juste l'époque de son départ delà Belgique; mais, comme il figure pour la première fois en i665 sur les états de la manufacture des Gobelins, pour le payement de ses appointements, on est fondé à croire que ce fut dans le courant de cette même année.
Le tableau dont nous nous occupons aurait donc été exécuté avant l'expatriation de Van der Meulen. On y remarque des traces manifestes de l'influence de Snayers, son maître. Ce sont les types de Snayers : ce sont ses ajustements militaires, ce sont ses chevaux, c'est sa peinture aussi, peinture plus transparente, plus mince que celle des œuvres postérieures de Van der Meulen. Il n'y a pas ici d'action déterminée, comme dans les épisodes historiques des campagnes
de Louis XIV; ce n'est pas la bataille de , mais une bataille ; c'est
un choc de cavalerie, pour employer une expression jadis usitée.
Nous venons de dire que ce tableau, de 1664, est un des plus anciens de Van der Meulen avec date. Le catalogue de la galerie de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg, renferme la description d'un tableau du maître signé et daté de 1654; mais on reconnaît bien vite
que ce millésime doit avoir été relevé inexactement, lorsqu'on voit que le tableau représente un Épisode des guerres de Louis XIV en Flandre. En 1654 Louis XIV avait seize ans et ne songeait pas à guerroyer en Flandre. Sans nous arrêter davantage à cette pièce antidatée du musée de l'Ermitage, nous persistons dans notre opinion que le combat de cavalerie de la collection Du Bus est un document très-intéressant pour l'histoire de la carrière de Van der Meulen.
MIEL ou MEEL
(JEAN) Né à Anvers ou à Bruxelles en 1599; mort en 1664