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COMBAT NAVAL

ers la droite, un grand navire de guerre à trois rangées de canons, dont la poupe, toute dorée, porte les armes d'Angleterre; sur le bord de la dunette, un tapis rouge et une grande lanterne en cuivre; les voiles sont trouées par les boulets; des matelots montent dans les cordages. Le navire est accosté, à droite, par une barque portant de nombreux marins; à gauche, par un canot ayant un pavillon rayé rouge et bleu transversalement. Au fond, d'un côté, l'action engagée, plusieurs navires manœuvrant au milieu des nuages de fumée produits par les décharges d'artillerie; de l'autre côté, un grand navire et d'autres de moindre force, sous pavillon hollandais. Mer légèrement houleuse , le ciel nuageux avec quelques éclaircies. Le grand effet pictural se concentre sur le navire anglais, qui forme la masse lumineuse où, sous un vif rayon de soleil, se détachent sur le ciel sombre la poupe dorée, les voiles blanches et le tapis rouge.

Si la tradition est exacte, l'action représentée dans ce tableau est la prise du navire anglais le Royal-Prince dans le combat de 1666,

où la flotte hollandaise, commandée par les amiraux Tromp et Ruyter, battit les forces navales anglaises, ayant pour chef le duc d'Albemarle.

Ce ne serait donc pas précisément un duplicata, mais une répétition, quant au sujet, du célèbre tableau du musée d'Amsterdam intitulé : le Combat des quatre jours, en 1666. Il est dit dans la description de cette peinture que « le petit vaisseau qui se trouve près de la poupe du grand bâtiment doit avoir été monté par van de Velde lui-même lorsqu'il accompagna la flotte ». Est-ce le même et très-intéressant épisode que nous voyons reproduit ici ? Guillaume van de Velde n'était pas de ces peintres qui représentent des combats de terre et de mer d'après des relations : il voulait voir de ses yeux, et s'exposait, s'il le fallait, pour que tout, dans ses tableaux, fût scrupuleusement exact. Voilà pourquoi il est aussi vrai dans ses batailles navales que dans ses tempêtes et dans ses calmes. S'il possédait tous les secrets de la nature, c'est qu'il la forçait à les lui livrer. D'autres croient les deviner et tombent dans le faux.

Collection Wellesley et Charlé de Waspick.

ICOLAS VAN VERENDAEL.

Photo

Maes, Anvers.

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