BAS-RELIEF ENTOURE DE FLEURS
édaillon en grisaille, représentant un enfant faisant des bulles de savon, entouré de fleurs. Le médaillon s'encadre dans un riche morceau de sculpture décorative au sommet duquel est un mascaron la bouche ouverte. Il est entouré d'une large guirlande de fleurs très-espacées et formant six groupes principaux, dans des dispositions symétriques. Au centre du médaillon est un enfant tenant de la main droite un chalumeau auquel adhère une bulle, et de la gauche une écuelle où est de l'eau de savon. Les fleurs de la guirlande sont heureusement choisies et disposées pour l'effet optique. Aux roses, aux tulipes, se mêlent des feuilles de houx. Au bas, trois papillons blancs ; en haut, des papillons aux vives couleurs, dont un se trouve, par un caprice du peintre, à la hauteur de la bouche ouverte du mascaron. Autour du motif de sculpture décorative dont le médaillon
forme le centre, une draperie d'un beau bleu, qui harmonise les teintes vives des fleurs avec les tons froids de la pierre. Signé au bas, vers la droite :
Toile. Hauteur imi2— Largeur om85.
Collection Baillie. Anvers, 1862.
Les œuvres de ce maître sont rares en Belgique. Le Musée de Bruxelles n'en possède pas, tandis qu'on en voit dans les galeries de Florence, de Dresde, de Munich, de Berlin. La peinture des fleurs et des insectes était son genre de prédilection; mais il réussissait également dans ce qu'on appelle la nature morte. On a de lui des intérieurs de cuisine où il s'est montré d'une habileté rare dans le rendu des objets qui garnissent un pareil lieu. Dans un de ces intérieurs qui se trouve au musée de Dresde, le pinceau de Téniers s'est associé au sien, en plaçant un cuisinier devant les fourneaux qu'il avait garnis de casseroles. Le naïf Descamps nous dit qu'on aimait ses tableaux dans le Brabant , et qu'on les transportait ailleurs. On les a si bien transportés qu'il n'en est guère resté dans le pays, où on les estimait pourtant à l'égal des œuvres des meilleurs fleuristes hollandais.
VLIET
HENRI WILLExMSZ VAN)
Né à Delft en i6o5; mort après 1661
INTERIEUR D'EGLISE
^ ncore l'ancienne église de Delft, souvent reproduite par l'artiste , avec quelques changements résultant naturellement du déplacement du point de vue, et dont il existe des spécimens dans les Musées d'Amsterdam et de La Haye. A droite , un cavalier vêtu de noir, avec un large baudrier où pend une épée, et une dame en robe bleue, sont arrêtés devant la grille d'une chapelle où se trouve un tombeau sculpté. Cinq gros piliers sont alignés sur un plan qui coupe diagonalement la toile de droite à gauche. Au milieu de la nef centrale, des dalles sont enlevées et une bêche est plantée dans la terre. Contre la quatrième colonne, à gauche, est une chaire de vérité, vue du côté de l'escalier, sur les premières marches duquel est assise une femme avec deux enfants. Au fond, vers la droite, une porte ouverte, vers laquelle se dirige un homme suivi d'un chien. Au delà de la porte, dans une espèce de portique vivement éclairé, deux personnages causant. Contre les piliers sont fixés des
blasons encadrés; un grand nombre d'autres blasons, peints sur des draperies flottantes, pendent à des hampes fixées dans les sculptures à jour des galeries.
Toile. Hauteur im07 — Largeur om84.
Collection Charlé de Waspick. Bruxelles, i852.
Œuvre importante, comme dimension et comme qualité, d'un peintre qui n'a pas été inférieur aux plus habiles maîtres dans le genre qu'il a traité avec prédilection. Henri van Vliet la connaissait à merveille, cette ancienne église de Delft qu'il a reproduite sous tous ses aspects, à toutes les heures du jour et avec tous les effets de lumière. Burger a pu dire avec raison que, de même qu'Emmanuel de Witte, Henri van Vliet approche souvent de Cuyp. Il est même supérieur à ces deux maîtres pour les figures, comme on en peut juger par celles du tableau de la galerie Du Bus, qui sont d'une grande élégance. Ses biographes disent qu'après avoir fait sa première éducation dans l'atelier de Guillaume van Vliet (son oncle? ), il devint élève de Miereveld, qui lui enseigna l'art de peindre le portrait. Il n'aurait pas eu besoin, pour cela, de quitter son premier maître, car le Musée de Bruxelles possède de Guillaume van Vliet un excellent portrait, signé en toutes lettres, qui prouve qu'il était bien capable de donner à son neveu une instruction complète. En tout cas, c'est certainement aux études qu'il a faites comme portraitiste qu'Henri van Vliet est redevable de sa supériorité sur Cuyp et sur Emmanuel de Witte dans l'exécution des figures qui animent ses intérieurs d'églises.
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