CHASSE AU CERF
u milieu, galopant vers la gauche, un grand cerf poursuivi par six chiens de forte taille, tandis que deux autres sont hors de combat. Un chien gris lui mord l'oreille gauche; un chien jaune, qui l'a devancé, s'apprête à le happer également; un troisième, de couleur noire, s'élance pour le saisir; les trois autres, gris foncé, gris clair et blanc à taches jaunes (de celui-ci on ne voit que la tête, le cou et les pattes de devant), le suivent, lancés à fond de train. Le cerf a bousculé, dans sa course , un chien gris sur lequel il pose le pied gauche de derrière et qui, tout en étant renversé, lui mord la jambe. D'un coup de sa puissante ramure il a jeté en l'air un autre chien dont le flanc saigne) et qui retombe en hurlant. A la gauche du premier plan, une plante aux larges feuilles et un tronc d'arbre. Dans le lointain, la lisière d'un bois où l'on voit un chasseur à cheval, suivi de deux chiens et d'un piqueur sonnant de la trompe. En bas, à droite, sur une aspérité du terrain, la signature :
Collection Salamanca. Paris, 1867.
— igo — Ce tableau est un excellent spécimen du talent d'un maître qui n'est représenté que dans les seules galeries publiques de Madrid et de Schleissheim. Les biographes nous disent que Paul de Vos fut très-employé par l'Empereur, le roi d'Espagne et le duc d'Arschot, son principal protecteur. Cette espèce d'accaparement du maître, dont les grandes chasses, traitées d'une manière décorative, semblaient destinées à orner les vastes salles des châteaux princiers, explique comment il se fait qu'il n'ait pas une réputation égale à son mérite. Pour apprécier les hommes et les choses, il faut les connaître; or les occasions de voir les œuvres de Paul de Vos sont très-rares. Il y a treize tableaux de ce maître au Musée de Madrid et cinq dans la galerie de Schleissheim. Le marquis de Salamanca n'en avait pas réuni moins de seize : chasses, combats d'animaux, paysages et natures mortes, qui ont fait partie de la vente de sa collection, à Paris, en 1867. Il est regrettable que le Musée de Bruxelles n'ait pas profité de cette occasion pour combler une des lacunes de notre galerie nationale, qui ne possède rien de Paul de Vos. Le vicomte du Bus de Gisignies a eu grandement raison, lui, de ne pas la laisser échapper, cette occasion, car c'est de la vente Salamanca que vient la Chasse au cerf. En voyant ce tableau, on comprend qu'on ait pu dire que, dans la peinture des chiens, Paul de Vos égale Snyders.
ORNEILLE
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