‹ Galerie du XVIIIe siècle (volume 3)Chapitre 2 sur 18 · VII J PREFACE · texte numérisé non relu

VII J PREFACE

la philosophie ; le ciel à la terre, ni la terre au ciel ; l'homme à Dieu, ni Dieu à l'homme. » Dieu et l'homme, le ciel et la terre pourraient s'entendre; ils s'entendent même malgré tous les systèmes qui font du bruit ; mais la foi du xvne siècle et la philosophie du xvme, qui, à cette heure, sont encore à la tribune plus ardentes que jamais, ne se rapprocheront pas : Dieu n'est ni d'un côté ni de l'autre; Dieu est partout, hormis dans le cœur que comprime le cilice, hormis dans le cœur que dévore l'esprit.

Si la vie humaine est le rêve de Dieu, comme on Fa dit, Dieu, on pourrait le dire aussi , est le rêve des hommes. Tous les esprits qu'il a daigné éblouir de sa lumière ont cherché à le suivre dans son œuvre éternelle.

Mais ce n'est pas ici le lieu d'échafauder une doctrine sur le sable mouvant de l'hypothèse. J'ai voulu seulement, au début de ce livre, indiquer à quel point de vue j'avais contemplé le xvme siècle sous sa figure sérieuse. Le xvme siècle a enfanté la révolution ; la révolution a créé un nouveau monde sur les ruines de l'ancien ; nous sommes sortis de là plus libres encore que nos pères les encyclopédistes. Avec la liberté, marchons. La terre est à nous, mais n'oublions pas que c'est Dieu qui répand la lumière. Le divin sentiment qui luit dans nos routes ténébreuses projette encore plus de clartés que la raison humaine, même quand c'est Voltaire qui tient le flambeau.

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