‹ Galerie française. Volume 11Chapitre 13 sur 17 · SAVANTS · texte numérisé non relu

SAVANTS

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après eux les oublient, renversent leur œuvre pour y substituer un édifice nouveau, agrandi et comme rajeuni.

Bertrand de Doue a été un des ouvriers les plus actifs du progrès agricole dans son département. Il a protégé et réorganisé les écoles industrielles, dont il avait compris l'importance capitale, à un moment où les meilleurs esprits les traitaient avec un dédain marqué. Il en a été le directeur officiel pendant de longues années. Il a rédigé beaucoup de notices scientifiques et traduit à plusieurs reprises des travaux de savants étrangers, intéressant sa terre natale. Son travail capital fut sa Description géognostique^ des environs du Puy. Il a complété daus ce livre l'œuvre intéressante de Faujas de Saint-Font, Sur les Volcans éteints du Vivarais et du Velay. La géologie avait fait de grands progrès et permettait d'arriver à des théories d'ensemble. Bertrand de Doue n'a point négligé l'étude des faits particuliers, mais il a su donner à son livre une haute portée, en déterminant avec sûreté les lois qui ont présidé à la formation des roches et au travail des volcans. On lui a accordé le nom un peu ambitieux de Cuvier du Velay. Son livre a été de premier ordre en son temps. Il a ouvert une voie où d'autres se sont engagés et ont atteint le but qu'il n'avait fait qu'entrevoir.

Aymard (1808-1889).

Aymard, qui naquit au Puy en 1808, a suivi les traces de Bertrand de Doue et sur plus d'un point a continué son œuvre. La géologie et la préhistoire lui doivent des contributions importantes. Il avait

HAUTE-LOIRE

une qualité nécessaire aux savants qui veulent faire des découvertes. Il avait l'esprit aventureux. Il développait volontiers de séduisantes hypothèses : d'un fait isolé il lirait une théorie qui se trouvait être vraie pour quelque temps du moins.

Il fit ses études au collège royal du Puy et à Louis-le-Grand. Il suivit à Paris les leçons de Cuvier et, en assistant aux reconstitutions des flores et des faunes anciennes, il sentit s'éveiller en lui une sorte de vocation pour l'étude des primitives civilisations.

Il fut longtemps archiviste de la Haute-Loire et eut ainsi l'occasion d'explorer l'histoire curieuse et encore inconnue de son pays. Il publia de nombreux mémoires pleins de vie et de sève, mais dont les recherches ultérieures n'ont pas toujours justifié les conclusions. Il avait pour la ville du Puy une passion toute filiale : il a recherché ses titres de noblesse et a fait remonter sa gloire aux Romains. Il a été vivement contredit sur ce point.

Mais une œuvre vraiment remarquable due à Aymard, c'est la formation et l'organisation d'un des plus remarquables musées provinciaux que nous possédions. La section archéologique est d'une richesse et d'une variété très grande. On peut y voir une belle collection de pierres taillées de tous les âges, depuis l'âge préhistorique, jusqu'à l'âge moderne. Aymard a réuni pieusement les inscriptions, les tombeaux, des fragments de sculpture romane et ogivale. L'histoire locale y trouve de précieuses illustrations; c'est même l'histoire vivante, celle qui frappe les yeux et rappelle exactement la physionomie des anciens âges.

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