L HABITUDE
naissance y la constance est l'habitude du bonheur.
Notre travail continuel doit donc être de bien examiner nos penchans, nos affections , de couper dans sa racine ce que nous y voyons de mal , et de fortifier par l'habitude ce que nous y trouvons de bien.
Dans cette étude ^ l'amour^propre bien entendu , l'honneur, le désir de la louange, la crainte du blâme nous aideront puissamment.
Charron nous l'apprend : « On commence , n dit-il, à pratiquer la vertu par amour^propre^ » on continue par honneur, on persévère par » habitude* »
Mais si par malheur nous avons laissé prendre l'empire à des penchans funestes, à des passions coupables, n'existe-t-il plus de ressource pour nous; et l'habitude, fermant la porte à tout retour, nous dit -elle, comme dans C Enfer du Dante : Tcion laisse toute espérance ? Non; mB^s je n'y vois qu'un remède, c'est le vif aiguillon du repentir. Aussi gardons-nous bien de repousser cette arme secourable; craignons surtout de nous endurcir contre sa douleur salutaire ; empêchons que l'habitude n'émousse sa pointe : le malheur de l'homme vicieux est de se rendre, par habitude, insensible aux remords, comme / Mithridate aux poisons.
DE LA VIEILLESSE. Îj5