DE LA VIEILLESSE
La vieillesse^ selon Cicéron^ u est à la Fois « Tobjet de nos désirs et de nos murmures. »
Chacun s'afflige de se trouver vieux, et tout le monde aspire à le devenir. Tel est le sort des mortels : ils sont effrayés de leur but, et ils voudraient , en y courant , le voir toujours reculer devant eux.
La vieillesse ressemble un peu à la vertu :
on la respecte, mais on ne l'aime pas; elle annonce la fin du banquet de la vie ; c'est alors , nous dît Voltaire , que
L'esprit baisse ; nos sens glacés Cèdent au temps impitoyable , Gomme des convives lassés D'avoir trop long-temps tenu table.
Cependant, à cette époque de la vie où la vérité sévère remplace les douces illusions, lorsque nos souvenirs, qui sont les vrais 'précurseurs de Minos , d'Éaque et de Rhadamanthe , ne nous rappellent que de nobles pensées , de