‹ Galerie morale et politique (volume 2)Chapitre 24 sur 46 · LA GAIE SCIENCE · texte numérisé non relu

LA GAIE SCIENCE

Tous les hommes se servent des mêmes mots, mais ils y attachent des idées différentes. Leurs bouches parlent la même langue; il n'en est pas ainsi de leurs cœurs, de leurs esprits, ni même de leurs sens; chacun a son idiome particulier; ce qui est vérité pour l'un, est erreur pour l'autre. Nous ne sommes même pas d'accord sur le sens qu'on doit attacher aux mots douleur et plaisir^ ces deux sources uniques de nos penchans et de nos aversions; il est passé en proverbe de dire qu'o/i ne peut disputer ni des goOts ni des couleurs; la conséquence de cet aveu devrait être une grande tolérance, une indulgence générale.

En effet, puisqu'on sent qu'il est impossible de disputer avec utilité sur ce qui est bon ou mauvais, comment espérer plus de fruit de la

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dispute , quand elle a pour objet de décider ce qui est bien ou mal?

Puisque notre ignorance nous prescrit un doute sage et modeste y causons pour nous éclairer, mais soyons indulgens et tolérans : l'into^ lérance aigrit et divise; elle irrite et blesse; jamais elle n'a fortifié une vérité ni affaibli une erreur.

11 existe même bien des opinions qui régnent tant qu'on les attaque, qui tombent dès qu'on n'en parle plus ; elles perdent le prix qu'on y attachait, le plaisir de la résistance.

Tant que j'ai cru qu'il était possible de tirer la vérité du lieu où elle se tient cachée, et de la faire reconnaître et adorer sur la terre, tant que la jeunesse présomptueuse m'a persuadé que j'avais vu clairement cette mystérieuse di^ vinité, j'ai été dogmatiste, tranchant et into^ lérant comme tant d'autres ; je ne sentais que du mépris et de la pitié pour ceux qui n'enten*daient pas comme moi les mots justice , gloire , honneur f liberté y devoir y patrie et bonheur.

Disciple ardent des stoïciens , n'estimant que les biens qui dépendent de l'âme, indifférent pour ceux dont le sort dispose , opiniâtre dans mes principes , sec dans ma doctrine , le système des partisans du plaisir et de la volupté me faisait horreur; je haïssais presque également

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la franchise d'Aristippe qui n'adorait que les plaisirs des sens , et la subtilité d'Épicure qui Toulait changer les vertus en yolupté. Tous ces moralistes relâchés me paraissaient , comme le dit Cicéron , mi^aler Phomme au rang des bêies.

Fier d'une opinion qui m'exagérait mes forces et ma supériorité, je n^avais pas d'amis , parce que personne ne me semblait digne de l'être; je m'éloignais du bonheur réel, en en cherchant un chimérique ; tout m'ennuyait dans le monde , parce que tout m'y semblait frivole ou corrompu ; et ma vanité même me rendait triste, parce que la faiblesse humaine me faisait pai^ fois céder à des pensées incompatibles avec la perfection morale à laquelle je visais.

Quoique je fusse naturellement bon et sensible y je me refusais aux jouissances que donnent les sentimens les plus naturels. J'avais toujours devant les yeux la crainte de m'attacher trop fortement à des biens périssables ; je suivais la maxime d'Épictète, qui dit : « Lorsque vous » possédez un pot de terre, songez qu'il est fra- » gile; si vous aimez un fils, un frère, pensez » qu'ils sont mortels; si la mort vous les en* » lève, au lieu de vous désespérer, croyez, non » que vous les avez perdus , mais que vous les M avez rendus, n

Je n'osais me plaindre au médecin d'une dou-

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leur, parce qu'elle n'est pas un mal. Je me re*« fusaig à la joie d'un succè^ obtenu à l'armée y au théâtre , à la tribune , au plaisir même d'avoir fait du bien, parce que Zenon, Cicéron, Senéque, voulaient qu'on aimât le glorieux et l'honnête pour la vertu même, et non pour les éloges et r,bonneur qu'on en pouvait tirer; en-» fin , à force de chercher le souverain bien , je m'étais rendu souverainement malheureux; et, à force de vouloir être sage , j'étais devenu véritablement fou.

Mais savez-vous quel a été l'ami qui m'a tiré de ce précipice , le philosophe qui m'a délivré de cet esclavage ? J'ose à peine vous l'avouer : eh bien ! c'est le plaisir.

Comme je lui dois le vrai bonheur, et que je le crois la vraie sagesse, il pourrait vous rendre le même service, et il serait mal à moi de vous priver d'un si grand bien, si je peux vous en faire jouir.

Mais ne vous effrayez pas des mots plaisir et voàipié; ne croyez pas que je veuille vous faire sacrifier aux idoles : peut-être reconnaîtrez -vous bientôt que ces maîtres si doux ont aussi leur sévérité ; ne jugez pas leurs mystères par leurs noms, et leurs principes par leur parure; ne détournez pas vos regards de leurs couronnes de fleurs; je vous promets, en rè-

vanche, quç vous ne leur verrez pas le manteau cynique; pardonnez-leur de s'occuper un peu de ce corps misérable si décrié par les philosophes y vous ne les verrez pas négliger Tâme et ses jouissances^

Écoutez leur langage sans prévention ; discutez doucement et gaiment leurs raisons , mais ne disputons pas; car le plaisir fuit dès qu'on se querelle. Si du choc des opinions il sort quelque lumière, c'est ce qu'il cherche pour mieux suivre la route du bonheur; mais, si l'on en tire du feu, il s'éloigne , car il craint la douleur.

Une grande preuve de la fausseté du système des philosophes rigoristes, des stoïciens, c'est l'impossibilité où ils se trouvent de conformer constamment leur conduite à leurs principes, d'agir comme ils parlent, et de pratiquer ce qu'ils commandent.

Écoutez -les, ils sont impassibles; voyez- les, la contradiction excite leur colère, la goutte leur arrache des soupirs, la beauté enflamme leurs sens, et la sagesse de Socrate vient échouer contre un sourire d' Aspasie.

Entraîné par une semblable faiblesse, je sortais un jour de la maison d'une aimable et célèbre actrice; l'amour de la poésie m'y avait conduit, un autre amour m'y surprit; le talent

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m'avait attiré y la grâce m'avait séduit , la volupté m'avait retenu; j'étais honteux de ma défaite et humilié de mon bonheur : jugez combien n^a confusion redoubla , lorsque je me vis abordé par deux de mes amis, devant lesquels j'avais fait souvent étalage des principes de mon austère et orgueilleuse philosophie !

Ils me plaisantèrent agréablement sur le chemin fleuri que suivait ma sagesse , et me prièrent de leur dire si je venais de convertir une si jolie pécheresse , ou s'ils voyaient en moi un nouveau prosélyte de la volupté.

u Je suis homme , leur répondis-je assez gauchement y rien d'humain ne m'est étranger : le plaisir est une fleur que le sage cueille sur son chemin, mais il sait qu'un jour la voit naître et mourir; il n'oublie pas qu'Épicure lui-même ne compare les voluptés qu'aux bouffées légères d'un vent doux et gracieux.

» Certainement on ferait mieux d'être exempt de faiblesses; mais on n'est vraiment dans l'erreur que si l'on érige ses faiblesses en principes; on n'est aveugle que lorsqu'on prend le plaisir pour le bonheur, et lorsqu'on place le souverain bien -autre part que dans la vertu, »

L'un de mes. deux amis, Damon, était un fameux épicurien qui riait de tout , ne craignait ni la mort ni l'avenir, et dont toute la vie était

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coosacrée aux jouissances que lui prodiguaieni uae bonne santé ^ une joyeuse humeur ^ une belle figure, un e$prit aimable et une grande fortune. L'autre , que je nommerai Cléon, était un homme mûr, renommé par ses exploits , célèbre par son génie , considéré par ses vertus , sévère pour lui, indulgent .pour les autres; sa modestie prouvait et faisait pardonner sa supériorité; il avait la conduite d'un philosophe et le langage d'un homme du monde; parlant bien de tous les systèmes, il n'en professait aucun; à sa simplicité on l'aurait cru pauvre, le bien qu'il faisait apprenait seul qu'il était riche; sa conversation était vive et gaie, son caractère doux et égal ; respecté par ses inrérieurs, aimé par ses égaux, adoré dans son intérieur, les plaisirs embellissaient sa vie, les vertus habitaient son cœur, et tout ce qui l'approchait se croyait de son âge et de sa famille.

Dans ma position^ que la maligne joie de Damon rendait un peu embarrassante, Clëon ne manqua pas de venir à mon secours. « \oui croyez trop tôt triompher, dit-il à Damon; votre terrain n'^est pas aussi avantageux que vous le pensez; notre ami ne sera pas battu si facilement, et c'est souvent en approchant des voluptés qu'on trouve de plus fortes armes contr'elles. »

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cv Je suis charmé y répondit Damon^ qu'au moins une fois vous conveniez que la volupté peut être utile au sage ; il est vrai qu'à présent vous croyez m'accorder peu , puisque vous trouvez que y plus on la connaît, plus on trouve de raisons pour aimer la sagesse : mais, n'importe , je prends acte de votre concession; laissons le sage s'approcher de la volupté, et vous verrez s'il s'en dégoûtera si facilement, ou s'il ne s'y atta^ cherapas constamment, conune au seul bien réel cpie l'homme puisse souhaiter pendant sa vie.

» Notre ami vient de lui rendre un léger hommage : je le prie de nous dire, avec fran^ chise s'il est aussi ferme dans son système rigide qu'il l'était avant ce petit écart, et s'il continue à me trouver absurde , quand je déclare que le bonheur suprême n'est autre chose que la volupté, n

« Non-seulement, lui dis-je alors, mon ivresse passagère n'a pas changé mon opinion , mais je vous assure même qu'elle m'y affermit; c'est un faux pas qui ne fait que m'avertir de marcher avec plus de précaution et de fermeté dans le chemin de la sagesse ; et je plains votre aveuglement, si, en connaissant ce plaisir, vous le prenez pour le bonheur. Comment, en effet, regarder une volupté si courte comme un objet digne de notre àme et comme le but de notre

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vie? Sénèque avait bien raison de dire que a le » terme de cette volupté est la jouissance mé- » me f et que son commencement est son pre- » mier pas vers sa fin. »

>i Ce que je dis de cette volupté , je le dis de toutes les voluptés des sens ; quand on les désire^ elles tourmentent;. quand on en jouit, elles troublent la raison ; elles sont accompagnées d'inquiétudes et suivies de regrets et d'ennui.

» Si elles n'étendent pas leur empire jusqu'au cœur, on s'en lasse, on s'en dégoûte, on se blase ; et si l'âme s'abaisse assez pour s'y attacher, elle se dégrade et devient une esclare du corps ; non-seulement une esclave vile , mais malheureuse ; car elle tremble continuellement de perdre un bien fragile et léger que mille accidens peuvent briser ou enlever, et dont le temps finit toujours par amener la perte.

» Pouvez -vous attacher quelque prix à un bonheur toujours prêt à vous échapper par l'inconstance, par la rivalité, par la pauvreté, par la maladie et la mort !

« L'amour, le vin , la bonne chère , les concerts, les parfums peuvent -ils vous conserver quelque félicité , lorsque la vieillesse aura glacé vos sens, émoussé votre palais, endurci votre oreille, et que, vous rendant insensibles à tous ces vains fantômes, objets de votre culte^ vous

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n'aurez que des désirs sans facultés et des regrets sans espoir?

» Vous vous apercevrez trop tard que, semblable, à Ixion, votre volupté n'est qu'un nuage, et y au milieu des images de vos plaisirs , vous éprouverez le triste sort de Tantale.

» Ah ! croy éz-moi , Damon , votre félicité n'est qu'une illusion qui vous éloignera de la vérité* Ce qui ne frappe que les sens n'a rien que de méprisable; notre vie est dans notre âme; et, comme il n'y a de plaisir vrai que ce qui la rend heureuse, et de douleur réelle que ce qui la fait souffrir, je ne connais d'autre malheur que le crime ou le vice , et d'autre bien suprême que la vertu.

y} Tout le reste est mensonge 'ou prestige, et dépend de l'imagination. Les stoïciens nomment l'opinion la reine du monde; ils disent vrai, pour tout ce qui touche les sens; le plaisir n'est rien pour le sage qui le dédaigne ; la douleur n'est rien pour l'homme courageux qui la méprise ; la mort même change de formes pour nous, selon notre volonté. Néron la redoute, Socrate la supporte, Caton la désire.

» Si notre âme blesse la vertu , elle souffre sans remède ; si elle se conforme à l'ordre , à la loi des dieux, elle jouit d'une félicité que rien de matériel ne peut troubler, n

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t< Oh! pour le coup, reprit Damon, vous me permettrez de vous dire que rien n'est plus dépourvu de raison que tous ces superbes raisonnemens de vos stoïciens: ils traitent de cfaimérique ce qu'on voit de plus réel, de plus corporel, de plus matériel, le plaisir que je sens, la douleur que j'éprouve; et ils ne trouvent de vrai que ce fantôme créé par leur imagination, cette vertu qui, de leur aveu mème^ est impassible, ne sait ni jouir ni souffrir^ et qui fait consister sa perfection à se rendre automate , à dédaigner le plaisir et à mépriser la douleur.

» Il faudrait, mon cher, pour que votre opinion fût soutenable, que le ciel eût totalement séparé votre âme de votre corps; mais elle y est si bien liée, et même assujettie > que vous n'avez pas une perception, pas une idée qui ne vous vienne par vos sens.

» Votre esprit n'est occupé qu'à juger les rapports qui existent entre vos sensation^, et sa seule action consiste à déterminer celle» qui sont agréables ou déplaisantes , bonnes ou mauvaises, pour que votre volonté vous fasse cbei^ cher les unes ou éviter les autres.

» Votre métaphysique est subtile, mais fausse; vous ne faites pas une action , un geste, un pas, vous ne jeteî pas un cri , vous ne poussez pâs

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un soupir qui ne démentent ëvideinment vos orgueilleux principes.

n Me direz -^ vous que vous aimez autant là fièvre que la santé ^ ta bise que le 2éphir^ le vinaigre que le vin ? N'évitez-vous pas le fer qui vous menace I le soleil qui vous brûle, le froid qui vous glace? Coucherez -vous indifféremment dans une maison ou à la belle étoile , sur la terre ou sur la plume ? Seriez-vous aussi gai dans une prison que dans un palais? Un pain noir, un vieux fromage vous satisferont--ils autant qu'un repas apprêté par Robert? Enfin, vous reprocheries^vous l'égarement où vient de vous jeter la belle Adq^e ^ si vous lui aviez vu une peau ridée , un teint livide , des dents noires et des yeux éraillés?

>i Vous avez beau vous débattre, vous êtes, malgré vous^ esclave du plaisir et adorateur de la volupté.

» La vieillesse, dites^vous, éteint les désirs,

et le plaisir n'est plus pour elle qu'un objet de tourment et de regret ; ainsi on doit mépriser le plaisir. U faudrait donc aussi détester la vie, parce qu'elle doit un jour finir par la mort; et d'ailleurs > le souvenir n'est*-il pas un plaisir?

» La bonne nature prive -t- elle la vieillesse absolument de toute volupté? N'a^t^elle pas le vin, le jeu, la table, la musique même, bien

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qu'elle y soit moins sensible? N'a- 1- on pas vu Anacréon couronné de myrte , de lierre et de roses, au bout d'un siècle? Le maréchal de Richelieu avait -^ il quitté le rôle d'Alcibiade à quatre-vingts ans ? Au même âge y le prince de Ligne ne rappelait- il pas les douces folies du chevalier de Grammont ? L'abbé M orellet, e:ticore plus vieux y ne tient-il pas bien sa place à table comme à l'Académie, et ne l'entendez-vous pas chanter les plaisirs, les arts et l'amitié ?

» Non, la nature n'est point marâtre; elle nous soigne tant que nous vivons, et, jusqu'au dernier soupir , elle nous donne un mélange de plaisir et de douleur, dans lequel le plaisir domine assez pour nous attacher à l'existence, et pour nous en faire souhaiter la durée.

» Mais la vertu elle-même que vous prônez, vous ne l'aimez qu'à proportion de la volupté qu'elle vous promet.

» La bravoure garantit vos jours; la tempérance prolonge votre santé et vos jouissances; la probité vous met à l'abri des prisons et des supplices; la générosité vous paie par des services et par la reconnaissance; la gloire vous promet des honneurs, des appuis, des richesses, des moyens de vous procurer tous les plaisirs et de vous défendre de toutes les douleurs.

» Ainsi nous ne vous défendons pas d'aimer

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la vertu; nous ne serions plus des sages, si noua en étions les ennemis. Notre maître Épicure a dit lui-même (( qu'on ne pouvait pas vivre joyeu- M sèment, si l'on ne vivait honnêtement. »

» Mais nous voulons que vous ne la considériez que comme le moyen d'arriver à une volupté sensuelle, plus complète et plus durable; je veux que vous conveniez que le souverain bien est cette volupté sensuelle que la vertu doit favoriser et non combattre.

» Le vrai but du sage doit être de multiplier le plus possible ses plaisirs, et d'éviter ou d'alléger, autant qu'il le peuf, la douleur. Un ancien l'a dit : « L'âme se tait quand rieiî ne parle >} aux sens. » Ainsi ne nous mettons pas en peine de ce rare silence des sens; ce n'est qu'un sommeil, une privation d'existence ; quand une douleur s'adresse à eux , échappons - lui si nous le pouvons, et, si cela est impossible, accoutumons-nous à ne pas la craindre, en retenant cette vérité consolante : (c Si la douleur est lon- » gue, elle est légère; si elle est violente, elle » est courte. »

» Habituons -nous d'avance à penser que la mort met fin à la douleur, qu'elle n'est qu'uA changement d'existence qui ne donne que le repos. Ne craignons pas l'avenir : ou les dieux, comme dit Épicure, ne se mélçnt pas de nous.

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