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» liberté. Si tu as beaucoup de vices, tu » as beaucoup de maîtres. »>
Et ne croyez pas que, parlant si hardiment aux autres , il se parlât plus mollement à lui-même ; enflammé par Tamour, il n'était point aveuglé par lui, et c'était de la bouche du plus passionné des amans que sortaient ces paroles philosophiques :
« Ne me dis pas que tu ne peux pas ces- » ser d'aimer, parqe que tu ne peux t'en « empêcher. Crois-moi, tu le pourrais » si tu le voulais efficacement ; et tu le « voudras peut-être lotsque tu y penseras » le moins. Le mal qui te tourmente est » d'une telle nature, qu'il prend son » remède du temps, ayant refusé de le » prendre dé la vertu.
» Réjouis -toi tant que tu le voudras » maintenant ; je sais que tu t'en afflige- » ras un jour; tu ris dans ton songe, » mais tu pleureras à ton réveil. »
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Je n'ai cite ces pensées peu connues de Pétrarque, que pour prouver T alliance nécessaire du talent et de la morale. Employons donc tous nos moyens, à quelque degré que la nature nous les ait départis , pour étudier l'homme et pour le peindre.
C'est par le tableau de nos mœurs , c'est à la vue de nos portraits que nous pouvons nous rapprocher du bien , nous éloigner du TQal, nous enflammer pour la vertu, nous effrayer de nos vices, nous corriger de nos folies en nous en moquant, et suivre le conseil du sage Marc- Âurèle , qui nous dit : Sois droit ou re^ dressé.
Malheureusement, au commencement d'un siècle qui a déjà vu tant de passions déchaînées , tant d'intérêts froissés , tant de catastrophes et de bouleversemens, le désordre des mœurs , le choc et l'égarement des opinions , les plaies de l'esprit public
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que blesse continuellement Tesprit de par|;i et que l'égoïsme cherche sans cesse à étouffer, offrent des sujets de tableaux trop sombres , trop tristes et trop dëcourageans ; Fauteur, en prenant sa plume , le peintre , en saisissant son pinceau , est tente de dire comme le bon La Fontaine :
Je suis au milieu des hommes enfiévrés de l'esprit de parti , ainsi que la perdrix au milieu des coqs furieux.
D'abord elle en fut affligée ; Mais sitôt qfu'elle eut vu cette troupe enragée S'entre-battre eUe^méme et se percer les flancs , Elle se consola : c Ce sont leui-s mœurs , dit-elle ; » Ne les accusons point » plaignons plutôt ces gens.
» Jupiter, sur un seul modèle ,
» N'a pas formé tous les esprits j » n est des naturels de coqs et de perdrix :
» S'il dépendait de moi , je passerais ma vie
» En plus honnête compagnie. »
Résignons -nous donc comme elle, et même rassurons-nous ; si les passions s'agitent, la raison veille; Tesprit de parti
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ktte yainement contre Tesprit national ^ c'est la vague qui se brise impuissamment contre le roc. L'exagération n a qu'un succès passager; la modération devient on sentiment général y parce que le besoin du repos est univei:sel; mais Fégoïsme est le premier et le plus opiniâtre de nos maux: c'est la maladie des vieux peuples.
II ne peut comprendre cet excellent mot d un ancien : u Ce qui n'est pas utile à » l'essaim ne peut être utile à l'abeille. »
Attaquons ce Protée sous toutes ses formes , poursuivons-le sous tous ses dégoisemens, et frappons -le surtout par le ridicule; car c'est toujours, en France, Tanne la plus sûre et la plus redoutée.
Éloignons de notre palette les couleurs sombres de la haine, de la crainte et de la tristesse 5 l'espérance, la vérité, l'amour de la paix et de la liberté nous en offrent de plus douces et de plus riantes.